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En 2021, la quatrième loi bioéthique élargissait l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux couples de femmes et aux femmes seules. 4 ans après, la demande d’AMP avec don de spermatozoïdes reste à un niveau élevé et après plusieurs années de hausse, le délai de prise en charge tend à se stabiliser mais reste long. « Pour une AMP avec don de spermatozoïdes, le délai moyen est de 17,7 mois en 2025, égal à celui de 2024 », selon les chiffres d’activité 2025 publiés mardi 14 avril par l’agence de la biomédecine. Preuve de tensions persistantes entre l’offre et la demande.
Elle souligne des disparités importantes selon les territoires, avec des délais variant de 8 à 28 mois selon les centres. « Certains centres d’Ile-de-France, de Bourgogne-Franche-Comté, de Nouvelle-Aquitaine, de la Réunion présentent de fortes tensions concernant ces délais », précise l’agence.
La liste d’attente est ainsi composée :
Les tentatives d’AMP avec don de spermatozoïdes continuent de progresser pour les couples de femmes et les femmes seules. En tout, 2025, la demande d’AMP avec don de spermatozoïdes reste à un niveau élevé, avec plus de 12 000 demandes enregistrées de la part de couples de femmes et de femmes seules, soit un volume environ six fois supérieur à celui observé avant la loi de bioéthique de 2021.
1 015 candidats au don de spermatozoïdes étaient enregistrés en 2025 contre 1 045 en 2024. « Le niveau de recrutement des nouveaux donneurs observé depuis 2022 permet de maintenir un stock de paillettes de spermatozoïdes », souligne l’agence de biomédecine qui estime que la mobilisation des donneurs reste insuffisante. Le nombre de personnes en attente d’un don de spermatozoïdes est en baisse, passant de 10 600 à la fin 2024 à 8 700 fin 2025.
Pour une AMP avec don d’ovocytes, le nombre de donneuses dépasse pour la première fois le seuil des 1 000 avec 1050 donneuses en 2025 contre 929 en 2024. « Malgré cette évolution, plus de 2 700 personnes restent en attente d’une prise en charge à fin 2025, un niveau proche de celui de l’année précédente ». Et les délais d’attente restent élevés, malgré une légère amélioration, 22 mois en 2025 contre 24 mois en 2024.
L’autoconservation des ovocytes, sans condition médicale et sans condition de don d’une partie des gamètes à autrui, est, elle aussi, possible depuis la loi de 2021. En forte hausse, 20 700 demandes de première consultation ont été enregistrées en 2025 contre plus de 15 500 en 2024. « Plus de 9 450 personnes ont accédé à une première consultation en 2025, portant à près de 27 200 le nombre total de personnes accompagnées depuis 2021. Par ailleurs, 6 720 personnes ont bénéficié d’une conservation ovocytaire en 2025, soit une hausse de 31 % par rapport à l’année précédente ».
Il faut attendre en moyenne 11,7 mois en 2025 pour être pris en charge, avec de grandes disparités entre les territoires, 54 % des demandes étant concentrées en Ile-de-France. En 2025, pour répondre à la demande, 20 nouveaux centres ont ouvert leurs portes.

Source : Agence de la biomédecine

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Vincent Roche