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Les produits répulsifs contenant du DEET (acronyme de N,N-Diéthyl-m-toluamide) à des concentrations allant de 25 à 50 % sont considérés comme les plus performants contre les moustiques. Ils sont particulièrement recommandés dans les zones où ces insectes peuvent transmettre la dengue, le chikungunya ou le paludisme.
Mais de nouvelles recherches suggèrent qu’ils pourraient apprendre à associer ce répulsif à de la nourriture, et même à être attirés par lui.
Dans une étude publiée le 28 mai dans le Journal of Experimental Biology Clément Vinauger, professeur à l’Institut polytechnique et université d’État de Virginie (Etats-Unis) et Claudio Lazzari de l’Université de Tours se sont intéressés à Aedes aegypti, une espèce de moustique connue pour transmettre des maladies comme la dengue, le Zika ou la fièvre jaune. Leur découverte repose sur le principe de conditionnement, similaire à l’expérience de Pavlov.
En laboratoire, les moustiques ont été exposés à l’odeur du DEET en même temps qu’à une source de nourriture (du sang ou du sucre). Et après plusieurs répétitions, deux tiers d’entre eux associaient cette odeur à une récompense et non plus à un danger. Résultat : au lieu de fuir le DEET, certains moustiques étaient attirés par lui.
« On a toujours supposé que les répulsifs fonctionnaient grâce à leur composition chimique : que le DEET avait simplement une mauvaise odeur pour les moustiques et qu’ils s’enfuyaient, ou que sa composition chimique les empêchait de nous sentir, explique Vinauger. Mais nous démontrons que le cerveau du moustique peut modifier cette réaction en fonction de son expérience. » En clair, un moustique qui a déjà réussi à se nourrir malgré la présence de DEET pourrait ne plus s’en méfier.
Faut-il ne plus utiliser de répulsif pour se protéger ? « Pas du tout », répondent les auteurs. Lesquels insistent : le DEET reste l’un des répulsifs les plus efficaces, notamment dans les régions où les maladies transmises par les moustiques sont fréquentes. En fait, selon eux, le moment d’application et la concentration pourraient avoir une importance plus grande qu’on ne le pensait auparavant.
« Au lieu d’en appliquer une grande quantité en une seule fois, il est préférable de renouveler l’application régulièrement afin qu’elle reste toujours active et assure une protection continue », déclare Vinauger.
Comprendre comment les moustiques perçoivent leur environnement et s’adaptent se révèle primordial. À l’heure où ces insectes s’étendent dans de nouvelles régions et deviennent parfois résistants aux insecticides, mieux cerner leur comportement est devenu un enjeu de santé publique majeur.

Source : Journal of Experimental Biology

Ecrit par : Vincent Roche - Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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