Une étude finlandaise vient de prouver de manière irréfutable qu’il est à la fois économiquement et socialement rentable d’éduquer les asthmatiques et de leur apprendre à gérer eux-mêmes leur maladie et leur traitement. Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer les débitmètres de pointe, de petits appareils qui permettent d’évaluer de manière fiable le niveau de gêne respiratoire d’un asthmatique. Grâce à un suivi régulier du débit expiratoire de pointe (DEP), on peut ainsi anticiper les crises d’asthme et adapter le protocole thérapeutique.

Partant d’un groupe de 115 asthmatiques, les chercheurs finlandais les ont répartis en deux sous-groupes comparables: 56 ont été conseillés et accompagnés pour apprendre à adapter eux-mêmes la posologie de leur traitement antiasthmatique, doublant les doses administrées pendant 2 semaines dès qu’ils remarquaient une baisse de 15% de leur DEP par rapport à la normale; en revanche, les autres ont été traités de manière conventionnelle, selon un protocole fixe qu’ils ne pouvaient modifier sans recourir à une équipe soignante. Ils ne disposaient pas non plus d’un débitmètre de pointe.

Les résultats obtenus parlent d’eux-mêmes puisque le coût total de la maladie a été inférieur de plus de 1.500 francs par an pour chacun des malades qui avaient reçu une information de base, par opposition à ceux auxquels on avait imposé un protocole traditionnel. Notons que cette économie a été obtenue grâce à un moindre recours au médecin et aux services hospitaliers et que les malades qui maîtrisaient eux-mêmes leur traitement ont aussi bénéficié de meilleures conditions de vie: le nombre de jours sans incidents liés à l’asthme a été de 359,2 par an dans ce groupe, au lieu de seulement 344,3 dans l’autre groupe. Il est à la fois économiquement et socialement rentable d’éduquer les asthmatiques et de leur apprendre à gérer eux-mêmes leur maladie et leur traitement.

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