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Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) fait partie des troubles du neurodéveloppement. Entre 1 et 2 % de la population serait concernée, avec une variabilité importante selon les études et les pays. Le TSA se caractérise par des difficultés de communication et d’interactions sociales, associées à des intérêts et à des comportements répétitifs ou restreints. Identifier le plus tôt possible les signes d’un TSA, y compris chez le nourrisson, permet de mettre en place des interventions précoces, adaptées et régulières. A cette intention, la Haute Autorité de santé (HAS) publie aujourd’hui de nouvelles recommandations afin d’accompagner les professionnels dans leurs pratiques, qu’ils exercent dans les secteurs sanitaire, social, médico-social ou de l’éducation.
L’objectif des nouvelles recommandations est d’améliorer et d’harmoniser les modes d’accompagnement ainsi que les pratiques de soins et d’intervention proposés aux enfants autistes, afin de favoriser leur développement et leurs apprentissages, et de leur garantir un parcours de vie de qualité dans une société plus inclusive. Ceci au moyen d’interventions développementales et comportementales, précoces et adaptées aux besoins.
Préoccupation numéro 1, afin de favoriser la généralisation des apprentissages des enfants et des adolescents autistes dans la vie quotidienne, la HAS recommande d’intervenir dès l’apparition des premiers signes d’alerte, y compris chez le nourrisson.
Les interventions débutent dès les premières interrogations diagnostiques, et se poursuivent
durant l’enfance et l’adolescence avec une vigilance accrue lors de la transition à l’âge adulte.
Les interventions sont développementales et comportementales. Elles concernent plusieurs domaines et s’inscrivent dans un parcours qui prend en compte les caractéristiques propres à chaque enfant ou adolescent, ainsi que celles de sa famille. Avec une évaluation annuelle de leurs effets sur le développement de l’enfant, ainsi que leur acceptabilité.
Les interventions recommandées sont :
– les interventions précoces, développementales, comportementales dans plusieurs domaines fonctionnels comme la communication et le langage, les habiletés sociales, l’autonomie, la sensorialité et la motricité.
Les interventions non recommandées sont :
– les méthodes sans preuves ou insuffisantes ainsi que toutes les méthodes inefficaces dans le cadre du TSA : DomanDelacato, Padovan, SonRise, 3i, psychanalyse, Snoezelen, neurofeedback, Tomatis, Packing, etc.
A noter, aucun prérequis n’est exigé chez l’enfant ou l’adolescent autiste pour la mise en place d’un projet personnalisé de communication, y compris lorsqu’il repose sur la communication alternative et améliorée (CAA), qui constitue un socle du projet global. De plus, une réflexion doit être engagée sur l’aménagement des lieux de vie des enfants et adolescents autistes (espaces, temporalité, information)
Chaque famille présente un fonctionnement et des modes d’interaction propres. Une diversité des situations qui doit être prise en compte. L’expertise d’usage des proches doit aussi être reconnue. Cela passe par une collaboration précoce famille-professionnels pour élaborer un projet personnalisé d’interventions centré sur les souhaits et les besoins de l’enfant. L’attention est mise sur un point fondamental : l’articulation entre le soutien et la formation des familles et les interventions mises en œuvre auprès de l’enfant. Ce levier est déterminant pour instaurer un environnement favorable au développement de l’enfant autiste, mais également pour améliorer sa qualité de vie et celle de ses proches.
Il n’y a pas que les interventions développementales et comportementales. L’approche globale du parcours de vie de l’enfant inclut la scolarité, adaptée et continue, en collaboration étroite avec la famille tout en veillant à sensibiliser les élèves au handicap pour une meilleure inclusion.
L’enfant doit de plus bénéficier d’un accès à la culture, en privilégiant des lieux et activités aux particularités sensorielles et communicationnelles des enfants et adolescents autistes. Quant aux loisirs, ils doivent intégrer des activités physiques régulières.
Enfin, les enfants et les adolescents autistes bénéficient d’un suivi médical régulier en soins primaires, à des fins de prévention et de prise en charge précoce, avec une vigilance particulière à l’égard des comorbidités fréquemment associées à l’autisme (épilepsie, troubles du sommeil, de l’alimentation, de la digestion, etc.).

Source : Communiqué de presse HAS – Autisme de l’enfant et de l’adolescent (12 février 2026) ; Trouble du spectre de l’autisme (TSA) : interventions et parcours de vie du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent Document de travail (validé en janvier 2026).

Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet