Autisme : quels sont les tout premiers signes chez le petit enfant ?

02 avril 2026

Ce 2 avril se tient la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Alors qu’un repérage précoce, dès l’âge de 18 mois, peut favoriser le développement et les apprentissages de l’enfant, quels sont les signes qui doivent alerter ?

L’autisme, ou trouble du spectre de l’autisme, est un trouble du neurodéveloppement, soit l’ensemble des mécanismes qui structurent le cerveau. Quelque 700 000 personnes seraient concernées en France, dont 100 000 ont moins de 20 ans. On parle de spectre car les manifestations de ce trouble sont très variables d’une personne à l’autre. L’autisme apparaît au cours du développement de l’enfant et se manifeste dès les premières années de vie, entre 18 et 36 mois selon l’Inserm. Le trouble du spectre de l’autisme se caractérise par deux critères principaux :

  • des difficultés durables dans la communication et les interactions sociales ;
  • des comportements, intérêts ou activités restreints et répétitifs.

Quelles difficultés de langage ?

Le repérage des premiers signes dès le plus jeune âge est un enjeu majeur. La mise en œuvre d’interventions adaptées, le plus précocement possible, permettra de favoriser le développement et les apprentissages de l’enfant.

Très concrètement, concernant le langage, les signes qui doivent alerter sont :

  • avant 12 mois, l’enfant ne babille pas ;
  • avant 18 mois, l’enfant ne prononce pas un mot ;
  • avant 24 moins, il n’associe pas deux mots ;
  • le langage n’est pas fonctionnel ;
  • l’enfant perd du langage, quel que soit l’âge.

Quelles difficultés dans les interactions sociales ?

Concernant les interactions sociales, voici les signes qui doivent pousser à demander un avis médical. Avant 18 mois, l’enfant ne pointe pas du doigt en direction de l’objet qui l’intéresse. Il n’exécute pas les gestes sociaux destinés à communiquer et qui doivent apparaître vers 12 mois : faire coucou, lever les bras pour être porté…

Autour de 18 mois, la combinaison de deux signes de difficultés pour entrer en relation peut être évocatrice. Mais isolément, ces signes ne sont en aucun cas prédictifs d’un autisme :

  • difficultés d’attention : l’enfant ne porte pas d’attention à un objet qu’on lui montre. Il ne cherche pas à attirer l’attention d’autrui ;
  • manque de réciprocité et de réaction sociales : l’enfant rencontre des difficultés pour adresser un regard et ne regarde pas dans les yeux. Il ne sourit pas ou rarement et reste silencieux, il ne répond pas à l’appel de son prénom. Il réagit peu aux séparations et retrouvailles avec ses proches ;
  • difficultés de langage : les sons qu’il produit sont sans intention de communication ;
  • difficultés dans le jeu socio-imitatif : il ne joue pas à faire semblant, il n’entre pas en contact avec autrui par le jeu.

Des comportements, des intérêts et des activités répétitifs

Plusieurs types de comportements sont évocateurs d’un trouble du spectre de l’autisme :

  • l’enfant bouge de manière répétitive le buste, la tête, les bras. Il présente aussi des comportements répétitifs avec les objets comme faire tourner la roue d’un jouet ;
  • il répète un son ou un mot après l’avoir entendu sans volonté de communiquer ;
  • il a besoin de routine et de rituel et présente une intolérance aux changements ;
  • il s’attache à des objets inattendus (un caillou, une souris d’ordinateur…) ;
  • il présente des phobies inhabituelles (une sonnerie, les personnes portant un chapeau, les étiquettes de vêtements… peuvent lui faire peur) ;
  • il porte un grand intérêt, excessif, aux chiffres, aux lettres, aux plans…

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à demander un premier avis médical auprès de votre médecin ou du pédiatre qui suit votre enfant. En cas de suspicion d’autisme, vous serez orienté vers un professionnel de santé spécialisé dans les troubles du neurodéveloppement. « L’inquiétude des parents est un signe d’alerte majeur : elle ne doit pas être banalisée ou minimisée. Les parents ont en effet une analyse très fine du comportement de leur enfant. Ils peuvent détecter très tôt des anomalies dans les relations avec leur enfant ou des régressions même très discrètes de ses habiletés », soulignait en 2019 auprès de la Haute autorité de Santé la Pre Amaria Baghdadli, pédopsychiatre.

  • Source : Ameli.fr, maison de l’autisme, HAS, autisme info service, Inserm

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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