Depuis septembre 2015, les autotests VIH sont à la vente sans ordonnance en pharmacie. En 2016, environ 75 000 autotests ont été vendus. Mais qui sont leurs utilisateurs ? Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié quelques jours avant la journée de lutte contre le VIH donne des éléments sur ces derniers.

Les autotests VIH, disponibles depuis 2015, constituent un outil supplémentaire d’accès au dépistage. Notamment auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) pour lesquels la recommandation actuelle est d’un test tous les trois mois. Mais qui sont en réalité les utilisateurs de ce récent dispositif ? Les rédacteurs du BEH révèlent des données issues de l’enquête Rapport au sexe, réalisée en ligne de manière transversale et anonyme, auto-administrée et basée sur le volontariat.

Premières observations, « au total, 18 069 hommes ont complété le questionnaire de l’enquête », indiquent les rédacteurs. « Les répondants (à l’enquête ndlr) étaient jeunes (30 ans en médiane), majoritairement nés en France (93%) et diplômés de l’enseignement supérieur (65%). » A 80%, ils s’identifiaient comme homosexuels et étaient sexuellement actifs.

Réticents à se rendre dans des centres de santé

Concernant le comportement vis-à-vis du dépistage, « moins de la moitié (49%) ont déclaré avoir réalisé un test de dépistage du VIH au cours de l’année passée », notent les auteurs. « Parmi ces derniers, 5% avaient utilisé un autotest lors de leur dernier dépistage. »

Ces utilisateurs sont majoritairement des hommes très jeunes, de 18-19 ans. « Le recours à l’autotest était également lié au nombre de partenaires déclaré au cours des six derniers mois, et ce indépendamment des autres variables », notent-ils. « Ainsi, la proportion d’hommes ayant utilisé un autotest lors de leur dernier dépistage était de 3,3% parmi les monopartenaires contre 5,5% parmi ceux ayant eu deux partenaires ou plus. »

De plus, « le choix de l’autotest était aussi associé aux comportements de dépistage antérieur. Les hommes déclarant ne pas avoir fait de dépistage des IST (autre que le VIH) dans les 12 mois précédant l’enquête étaient significativement plus nombreux à avoir choisi l’autotest que ceux indiquant en avoir fait au moins un (14,8% vs 2,5%) », poursuivent les auteurs. En clair, ils s’avéraient davantage réticents à se rendre dans des centres de santé pour se faire dépister.

« Ces résultats montrent l’intérêt de cet outil et plaident pour une disponibilité plus large, incluant la distribution secondaire », concluent les rédacteurs du BEH. « Cette dernière […] consiste en la redistribution à ses partenaires et connaissances d’un autotest. »

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