Avant 5 ans : les crises dues à des caprices ou un cerveau encore immature ?

13 mai 2026

Derrière les crises du jeune enfant, il n’y a ni manipulation ni volonté de désobéir, mais un cerveau en construction et des émotions difficiles à gérer. Changer de regard permet d’adapter ses réponses et d’accompagner plus efficacement l’enfant au quotidien. Explications du Dr Fabienne Kochert, pédiatre et ancienne présidente de l’AFPA.

Elle refuse de se brosser les dents. Il pique une crise au moment de rentrer à la maison après une séance de jeux au parc… Lorsqu’un enfant pleure, crie, se roule par terre, on a tendance à penser qu’il fait un caprice. Or « avant 5 ans, cela n’existe pas en tant que tel », explique Fabienne Kochert. En effet, « ces colères surviennent souvent face à une frustration ou à une demande extérieure devant laquelle il réagit avec les moyens dont il dispose. »

Et ces moyens sont largement limités par son cerveau ! En effet, avant l’âge de 5 ans, les régions du cerveau impliquées dans le contrôle des émotions et du comportement, notamment le cortex préfrontal, sont immatures. À l’inverse, les circuits émotionnels sont très actifs. L’enfant peut donc être rapidement submergé, sans pouvoir se calmer seul ni prendre du recul.

Anticiper pour sécuriser

Les transitions, en particulier le matin et le soir, sont des moments sensibles. « Mettre en place des routines stables et des repères visuels, comme des images représentant des étapes de la journée accrochées dans sa chambre, aide l’enfant à se sentir en sécurité et à mieux coopérer », conseille le Dr Kochert. Car « pour l’enfant, chaque journée peut être source de nouveautés et donc de stress ». Anticiper permet de rassurer.

Autre élément essentiel : la disponibilité du parent. « Les moments de qualité partagés et un accompagnement concret dans les tâches du quotidien sont essentiels pour réduire le risque de crise chez l’enfant », souligne-t-elle. Sans compter que cela permet aussi au parent de garder son propre calme plus facilement.

Poser un cadre bienveillant mais clair et ferme permet à l’enfant d’apprendre la régulation émotionnelle. Et lorsque cela se passe bien, « il est important de le valoriser », insiste la pédiatre. Car « valoriser les efforts et les comportements adaptés renforce la confiance en soi et le sentiment de sécurité ».

Enfin, le sommeil joue un rôle clé. « La fatigue augmente fortement l’intensité des réactions émotionnelles », conclut-elle.

Pour aller plus loin, consultez le site mpedia.fr, le site CléPsy ou encore la vidéo du modèle du cerveau dans la main de Dan Siegel, qui explique le mécanisme de perte de contrôle des émotions.

  • Source : interview du Dr Fabienne Kochert, pédiatre et ancienne présidente de l’AFPA

  • Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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