Quarantaine, chambre à pression négative… Quel protocole médical autour de l’hantavirus ?  

12 mai 2026

Les passagers français du MV Hondius ont été placés dans des chambres à pression négative. Quant aux 22 cas contacts, leur isolement a été renforcé en milieu hospitalier.

Que sont les chambres à pression négative où sont hospitalisés les 5 français rapatriés ? 

Les 5 Français rapatriés du MV Hondius dont la femme testée positive à l’hantavirus, ont été placés à l’isolement à l’hôpital Bichat à Paris. Ils se trouvent dans des chambres à pression négative. Comment fonctionnent-elles ? Des particules virales peuvent rester en suspension dans l’air plusieurs heures. Aussi, la transmission des infections par voie aérienne en milieu hospitalier est désormais bien documentée.

Les chambres à pression négative présentent une pression plus faible que la pression extérieure. « Cette pression négative fait plutôt rentrer l’air du reste du bâtiment dans la chambre, l’air ne peut pas sortir de la chambre. Ainsi, on protège le reste de la structure hospitalière des virus qui sont présents dans la chambre », explique Hervé Jacquemoud, Chef du Service d’ingénierie biomédicale aux Hôpitaux universitaires de Genève dans une vidéo dédiée. L’air sain arrive de l’extérieur et l’air contaminé est ensuite exfiltré de manière à maintenir la pression négative.

Qui sont les cas contacts ?

« Les personnes ayant été en contact avec un passager du navire MV Hondius ou avec toute personne ayant été infectée ou présentant un risque sérieux d’infection par l’hantavirus de souche Andes peuvent faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement lorsqu’il apparaît qu’elles présentent un risque sérieux d’infection », précise le décret paru au Journal officiel le 10 mai 2026. A ce jour 22 personnes ont été identifiées. Il s’agit de huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg et 14 passagers du vol Johannesburg-Amsterdam du même jour.

A l’issue d’une réunion composée d’experts et du premier ministre lundi 11 mai, l’ensemble des cas contacts ont vu leur isolement renforcé. « Notre réponse sanitaire est claire : pour tous les cas contacts, sans exception, quarantaine renforcée en milieu hospitalier », a justifié sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Pourquoi la quarantaine dure-t-elle 42 jours ?

Mardi 12 mai, 9 cas ont été confirmés, deux autres sont probables parmi les passagers du MV Hondius. D’autres pourraient être déclarés dans les prochains jours. « En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d’incubation, il est possible que nous constations d’autres cas parmi les anciens passagers et membres d’équipage dans les semaines à venir », déclare le Dr Pamela Rendi-Wagner, directrice du Centre européen et de prévention des maladies (ECDC).

La souche Andes présente en effet un délai d’incubation allant d’une à six semaines. C’est pourquoi la période de quarantaine dure 42 jours. La période de transmission la plus à risque semble être celle de l’apparition des premiers symptômes, celle qui précède une éventuelle hospitalisation. Toutefois le nombre de cas semble assez élevé pour un virus réputé comme difficilement transmissible. « On est un peu surpris par le nombre de cas dans cette épidémie, donc il est possible » que la contagion se produise « un ou deux jours avant l’apparition des symptômes », a déclaré Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Rennes, lundi sur BFMTV.

La souche est-elle plus dangereuse que la souche andine connue ?

A ce jour, rien n’indique que la souche responsable de l’épidémie concerne un nouveau variant. « Les informations génomiques (obtenues lors du séquençage génétique récent du virus, ndlr) montrent que le virus impliqué dans l’épidémie est similaire aux virus Andes déjà connus pour circuler en Amérique du Sud et qu’il ne s’agit pas d’un nouveau variant. À l’heure actuelle, rien ne prouve que ce variant se propage plus facilement ou provoque une maladie plus grave que les autres virus andins », note l’ECDC.

Les épidémies d’hantavirus sont-elles fréquentes ?

Selon l’ANRS, à l’échelle mondiale, on estime qu’entre 10 000 et 100 000 cas surviennent chaque année, touchant principalement l’Asie et l’Europe. En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès.

En France, entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence (CNR) des Hantavirus, intégré à l’Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d’infection récente par un hantavirus. Le nombre de cas détectés se trouve dans la moyenne mensuelle française.

  • Source : ANRS, BFMTV, ECDC, OMS, Institut Pasteur, Hôpitaux universitaires de Genève

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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