Une biothérapie anti-cholestérol réduit le risque d’événements cardiovasculaires

[28 mars 2017 - 12h50] [mis à jour le 28 mars 2017 à 12h52]

La nouvelle biothérapie anti-cholestérol développée par Amgen permet de diminuer significativement le risque d’événements cardiovasculaires, notamment l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral (AVC), associée au traitement par statine. Une étude d’envergure présentée à Washington le 17 mars vient de le prouver. Chiffres à l’appui.

Une étude clinique portant sur 27 564 patients dans 49 pays, vient de livrer ses premiers résultats. Objectif : mesurer l’efficacité de la nouvelle biothérapie anti-cholestérol (de la classe des anti-PCSK9), sur la mortalité et la morbidité de patients présentant une maladie cardiovasculaire avérée. Autrement dit un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou encore une artériopathie des membres inférieurs. Ce médicament s’administre en complément d’un traitement par statine et permet une réduction additionnelle du « mauvais cholestérol ».

L’étude « Evolocumab Cardiovascular Outcomes Study », a été présentée au cours du congrès de l’American College of Cardiology à Washington le 17 mars dernier. Résultat, cette nouvelle biothérapie entraîne une réduction de 20% du risque de faire un nouvel événement cardiovasculaire majeur. Mais également, de manière plus large, de 15% le nombre d’événements cardiovasculaires (décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde, AVC, hospitalisation pour angine instable ou revascularisation coronaire). Selon Amgen, c’est la première fois qu’un inhibiteur de PCSK9 démontre qu’en réduisant davantage le « mauvais cholestérol, on diminue le nombre de patients atteints par une complication cardiovasculaire ».

L’exception française

Cette étude est l’aboutissement d’un programme clinique international qui a inclus plus de 30 000 patients dans le monde. Ce travail renforce les résultats des études antérieures relatives à la réduction additionnelle du « mauvais cholestérol », dont une avait mis en avant la capacité de cette biothérapie à diminuer le volume de la plaque d’athérome. Laquelle, rappelons-le, est une accumulation de lipides sur la paroi des artères, dont le principal constituant est… le cholestérol.

Plus d’un an après son autorisation européenne, cet inhibiteur n’est toujours pas disponible pour les patients en France. Une situation en décalage avec l’ensemble des grands pays européens où le médicament est pris en charge depuis plusieurs mois et pour de larges catégories de patients.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a rendu un avis positif au remboursement uniquement pour une catégorie très limitée de patients touchés par une forme rare d’hypercholestérolémie familiale, soit une centaine de personnes seulement ! Aujourd’hui, ces résultats apportent des preuves supplémentaires en vue de proposer une nouvelle alternative thérapeutique pour les patients à haut risque non contrôlés par les traitements existants.

Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité dans le monde. En France, elles occupent la seconde place, après les cancers. Près de 120 000 infarctus du myocarde sont recensés chaque année, responsables de 40 000 morts. Enfin, 150 000 AVC surviennent par an dans l’Hexagone provoquant 30 000 décès.

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