Boissons énergisantes : le cœur s’emballe

[16 décembre 2013 - 11h26] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h59]
Une coupe transversale d’un cœur (à gauche) réalisée à l’aide d’un examen IRM. © Radiological Society of North America.

La preuve par l’IRM ! Des médecins allemands ont constaté une augmentation du nombre de contractions cardiaques (systoles) chez des « adultes en bonne santé » ayant consommé une boisson énergisante, une heure avant l’examen.  De quoi selon eux, interpeller les sportifs et les parents.

A l’Université de Bonn, le Dr Jonas Dörner et ses collègues ont soumis 18 volontaires âgés en moyenne de 27,5 ans, à deux examens d’imagerie par résonnance magnétique (IRM). L’un avant d’avoir bu une boisson énergisante contenant de la taurine (400mg pour 100 ml) et de la caféine (32mg et 100 ml). Et l’autre, une heure après.

L’étude approfondie des IRM a mis en évidence une modification de la fonction cardiaque. Et plus précisément de la fonction systolique du ventricule gauche, comme le disent les spécialistes. Ce dernier rappelons-le, reçoit  le sang oxygéné qui lui est acheminé par  les veines pulmonaires, puis l’éjecte à travers l’aorte dans la circulation générale et l’ensemble de l’organisme.

Sous surveillance…

Au-delà de ce constat, reste à déterminer toutefois les conséquences potentielles de la consommation régulière de boisson énergisantes. « De nouvelles études doivent être conduites pour en savoir plus sur les effets à long terme (de cette dernière). Mais aussi (sur ses implications) en cas de pratique sportive », explique l’auteur. « Tant que nous n’en saurons pas davantage », il recommande que les enfants et les patients souffrant d’arythmies s’abstiennent de consommer ce type de produits.

En France, les boissons énergisantes sont depuis longtemps dans le collimateur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES). Dans un avis rendu public le 1er octobre dernier, celle-ci demandait la mise en place de politiques publiques visant à encadrer le marché – publicitaire notamment. Elle mettait en avant des données épidémiologiques faisant ressortir des risques d’arrêt cardiaque. Risques d’autant plus élevés que ces boissons peuvent être associées à une activité physique (sport, danse…) ou mélangées à de l’alcool.

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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