Enfant malade : comment préserver la fratrie ?

14 janvier 2026

Si elle suscite maintes inquiétudes du côté des parents, la maladie d’un enfant fragilise également la fratrie. Comment gérer la souffrance, plus ou moins cachée, du frère ou de la sœur ? Eléments de réponse.

Ils ont un frère ou une sœur malade, et se retrouvent ainsi face à une situation très spécifique… A tel point qu’ils peuvent être considérés comme les « oubliés » de la maladie… « Ce n’est pas toujours le cas », tempère Florence Millot, psychologue pour enfants et adolescents. « En revanche, ils demandent effectivement une attention particulière, qui n’est pas toujours possible au moment de l’annonce du diagnostic ou lors de la mise en place d’un protocole médical ».

Dire les choses

Hors de question bien sûr de faire culpabiliser les parents. « Il est humain et normal qu’ils soient, au départ davantage focalisés sur l’enfant malade », resitue-t-elle. Mais à ses yeux, il reste important d’en parler au frère ou à la sœur. « Il apparaît profondément structurant de lui dire tout simplement, qu’en ce moment nous sommes disponibles, mais tu comptes, tu as une place. Et nous prendrons du temps pour toi ».

Des enfants empathiques, sensibles, mais…

Il n’en reste pas moins que cette épreuve entraîne des conséquences pour le petit ou la petite ainsi concernée. « Ils développent souvent une maturité précoce », reprend Florence Millot. « Ils comprennent les enjeux, perçoivent les inquiétudes parentales et se montrent très empathiques ». Elle insiste également sur le mot « sensibilité », pour qualifier des enfants, « attentifs aux autres, capables d’une grande solidarité que ce soit au sein de la fratrie ou dans leurs relations à l’école ». De quoi constituer une richesse mais « il est important de rester vigilant à certains glissements : vouloir trop bien faire, chercher à remplacer un parent, se sentir responsable de la guérison ou du bien-être de l’autre ».

Des parenthèses de légèreté

Dans ce contexte, le soutien passe par le fait de leur conserver « des espaces où ils peuvent rester des enfants : jouer, rire, pratiquer une activité qui leur plaît, vivre des moments légers sans culpabilité ». Et si l’enfant ressent beaucoup de colère, de jalousie ou d’angoisse qu’il n’ose pas exprimer à ses parents, rapprochez-vous d’un ou d’une psychologue.

« Il a le droit… »

Enfin, comme le précise Florence Millot, il convient de rappeler à votre enfant qu’il a le droit :

– d’être en colère ;

– de jouer ;

– de pleurer ;

– de ne pas aller bien.

Sans oublier, qu’il a le droit « de ne pas être défini uniquement par la manière dont il s’occupe de son frère ou de sa sœur. Il doit être valorisé pour qui il est, pas seulement pour ce qu’il fait pour les autres ».

  • Source : Interview de Florence Millot, 9 janvier 2026

  • Ecrit par : David Picot - Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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