Médicaments de l’obésité, ce qu’il faut connaître lorsqu’on débute le traitement

15 janvier 2026

Des repères pour bien utiliser les médicaments destinés à traiter l’obésité - les agonistes du GLP-1 - ont été élaborés par les experts français. Car ces traitements répondent à des règles bien précises, sur l’ajustement des doses, le suivi de la perte de poids et la gestion des effets indésirables. Mode d’emploi.

Le Groupe de Concertation et de Coordination des Centres Spécialisés de l’Obésité (GCC-CSO) et le réseau FORCE, avec plus d’une dizaine de sociétés savantes, ont rédigé un référentiel sur l’obésité de l’adulte destiné à accompagner les médecins prescripteurs et les patients dans la gestion des nouveaux traitements médicamenteux de l’obésité (liraglutide /Saxenda), sémaglutide/Wegovy), tirzépatide/Mounjaro). Qu’en retenir ?

Comment fonctionnent-ils ?

Les traitements médicamenteux de l’obésité imitent des hormones naturelles qui régulent l’appétit. Ils envoient ainsi au cerveau un signal de rassasiement plus fort, plus rapide et plus durable. Ils ralentissent aussi la digestion, ce qui permet de se sentir plus rassasié et plus longtemps, et diminuent l’attirance pour les aliments gras et sucrés.

Des traitements chroniques de l’obésité

La perte de poids est progressivement obtenue pendant la première année, mais certaines personnes atteignent le poids le plus bas plus tôt. Cette phase est suivie par un plateau de maintien du poids perdu si le traitement est poursuivi à la dose qui a permis d’arriver au plateau. À l’arrêt du traitement, 70 % du poids perdu est repris en 12 mois.

Bien que ces traitements soient efficaces chez la majorité des patients, certains présentent une réponse moins satisfaisante, voire insuffisante. Difficile, voire impossible aujourd’hui de prévoir le niveau de perte de poids que chacun pourra obtenir, lié à la molécule utilisée mais aussi à l’organisme de chaque individu.

Si la perte de poids s’avère insuffisante (inférieure à 5 % après six mois de traitement à pleine dose), le spécialiste pourra envisager d’ajuster la stratégie thérapeutique après 6 à 12 mois de traitement.

Les règles de montée des doses, pour que l’organisme s’adapte

En agissant également sur l’estomac, les traitements médicamenteux de l’obésité ralentissent la vidange gastrique, d’où des nausées ou des vomissements. Cet effet indésirable, généralement temporaire au moment de l’initiation du traitement, tend à disparaître après quelques semaines et est maîtrisé grâce à un schéma d’augmentation progressive des doses. Par exemple, l’augmentation mensuelle pour le sémaglutide se fait sur 4 mois, de 0,25 mg jusqu’à 2,4 mg/semaine. La dose initiale est de 2,5 mg/semaine pour le tirzépatide puis 5 mg après 4 semaines suivis de paliers de 2,5 mg au moins toutes les 4 semaines (dose maximale de 15 mg/semaine).

Toutefois, ce protocole d’escalade de doses est adapté en fonction de la tolérance digestive et de l’efficacité constatée sur la perte de poids. C’est pourquoi, en cas de troubles digestifs importants, le médecin peut proposer de maintenir la même dose plus longtemps que prévu, ou même de revenir à un palier inférieur.

Savoir gérer les effets secondaires

Les effets secondaires digestifs, bénins, apparaissent fréquemment, généralement d’intensité légère à modérée. Ils ne conduisent à l’arrêt du traitement que chez environ 10 % des patients.

Parmi les effets indésirables les plus courants, on retrouve les nausées (25 à 44 %), la diarrhée (19 à 30 %), les vomissements (8 à 24 %) et la constipation (17 à 24 %), avec des taux similaires quel que soit le médicament utilisé. La perte de poids ne dépend pas de la présence de nausées ou de vomissements !

Ces symptômes doivent être signalés, car s’ils persistent, ils devront être pris en charge, soit par des ajustements alimentaires (fractionner l’alimentation et manger tiède ou froid et éviter les aliments gras en cas de nausées ; plus de fibres, d’hydratation et d’activité physique en cas de constipation ; plus d’hydratation et de légumes plus digestes comme les carottes, haricots verts, courgettes… en cas de diarrhées ; fractionner l’alimentation et éviter les aliments peu digestes, très gras ou sucrés, les graisses cuites, fritures en cas de douleurs abdominales), soit éventuellement par une prescription médicamenteuse (antinauséeux, antidiarrhéiques ou IPP si reflux gastro-œsophagien).

Certaines complications, rares mais plus graves, doivent amener à consulter sans attendre

Parmi elles, la formation de calculs biliaires liée à la perte de poids. Les symptômes sont des douleurs abdominales localisées à droite ou dans la partie supérieure du ventre. Elles peuvent irradier vers l’épaule droite ou le dos, et apparaissent le plus souvent après un repas copieux ou riche en graisses. Elles peuvent également s’accompagner de nausées, de vomissements et parfois de fièvre.

Exceptionnellement, une inflammation du pancréas (pancréatite) peut survenir. Les signes à surveiller sont une douleur abdominale intense, soudaine et persistante, généralement en haut du ventre, prenant la forme d’une barre ou d’une ceinture, irradiant fréquemment vers le dos (sensation de coup de poignard). Cette douleur s’aggrave en position allongée et s’atténue lorsque l’on se penche en avant. Elle est souvent accompagnée de nausées, de vomissements et d’une fièvre modérée.

À noter : fin 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l’utilisation des agonistes du GLP-1 pour le traitement pharmacologique de l’obésité. Une décision historique, alors que l’obésité touche désormais un milliard de personnes à travers le monde.

  • Source : Prise de position nationale sur les traitements médicamenteux de l'Obésité et leur accompagnement en pratique GCC-CSO- réseau FORCE et Document d’information sur les traitements médicamenteux de l’obésité à remettre au patient (décembre 2025) ; WHO guideline on the use of glucagon-like peptide-1 (GLP-1) therapies for the treatment of obesity in adults (december 2025) ; interview du Pr Emmanuel Disse, chef du service d'Endocrinologie-Diabète-Nutrition Hôpital Lyon Sud (Hospices Civils de Lyon)

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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