Cancer, à chacun son heure de traitement

[03 décembre 2013 - 14h54] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h59]
© Phovoir

La chronothérapie des cancers, vous connaissez ? Il s’agit en fait d’administrer les traitements à une heure optimale. L’efficacité des médicaments anticancéreux pourrait ainsi doubler, et leur toxicité diminuer selon l’heure d’administration. C’est ce que viennent de montrer les auteurs d’une étude internationale dont les conclusions ont été publiées dans la revue Cancer Research.

« Le métabolisme de l’organisme est rythmé sur 24 heures par l’horloge circadienne » expliquent  les auteurs de ce travail, coordonnée par l’INSERM, le CNRS et l’université Paris-Sud. « De ce fait, à certains moments précis de la journée ou de la nuit, un médicament donné peut s’avérer plus toxique pour les cellules cancéreuses et moins agressif pour les cellules saines. »

Bien entendu, les rythmes biologiques peuvent changer d’un individu à l’autre. « Pour 50% des patients l’heure optimale est la même, les 50% restants sont soit en avance soit en retard sur cette heure. » Pour comprendre les facteurs qui jouent sur ces différences dans les rythmes biologiques, les équipes du chronothérapeute Francis Lévi ont étudié la toxicité de l’irinotécan. Ce un médicament est très utilisé dans le traitement du cancer du côlon et du pancréas. Ils ont ainsi observé sur des souris que l’heure de meilleure tolérance au traitement variait jusqu’à 8  heures d’un groupe de rongeurs à l’autre, selon leur sexe et leur patrimoine génétique.

Grâce à un modèle mathématique complexe (en mesurant l’expression de 27 gènes dans le foie et le côlon au cours des 24 heures) les chercheurs ont pu prédire précisément l’heure à laquelle l’irinotécan est le moins toxique. Ils souhaitent à présent valider ce modèle pour d’autres chimiothérapies.

Au-delà de l’expression des gènes, ils voudraient aussi trouver d’autres paramètres physiologiques liés à l’horloge biologique. Objectif : prédire l’heure optimale des traitements pour chaque patient. Ces travaux devraient permettre d’accroître l’efficacité et la tolérance des traitements, mais aussi améliorer considérablement la qualité de vie des malades.

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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