Cancer colorectal : 3 idées reçues sur le dépistage

23 mars 2026

Le mois de mars est le mois de sensibilisation au cancer colorectal. L’occasion de faire la lumière sur les idées reçues qui entourent son dépistage et qui, trop souvent, mettent à mal les actions de prévention.

Avec 47 582 nouveaux cas en 2023, le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes et troisième chez les hommes. Il représente le deuxième cancer le plus meurtrier en France. Pourtant, détecté tôt, il se guérit dans 90 % des cas. Malgré cela, à peine plus d’un tiers des personnes concernées participent au programme de dépistage organisé. Entre autres causes, des idées reçues tenaces qui persistent et freinent la démarche de prévention.

Le dépistage ne se résume pas à une coloscopie

C’est sans doute l’un des malentendus les plus répandus. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le dépistage organisé du cancer colorectal ne commence pas par une coloscopie, mais par un test simple et indolore à réaliser chez soi.

Il s’agit en fait d’un prélèvement de selles à faire soi-même, de manière hygiénique, à envoyer à un laboratoire d’analyses. Un geste simple qui prend quelques minutes et peut littéralement sauver des vies. La coloscopie n’intervient que si ce premier dépistage détecte des traces de sang dans les selles – ce qui ne concerne que 4 % des tests réalisés.

« Je n’ai pas de symptômes, donc je n’ai pas besoin de me faire dépister » : une dangereuse erreur

Cette idée reçue est particulièrement dangereuse. Le cancer colorectal est sournois : à ses débuts, il ne provoque généralement aucun signe perceptible. Lorsque des symptômes apparaissent (saignements, douleurs abdominales persistantes, troubles du transit…), la maladie est souvent déjà à un stade avancé.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : détecté à un stade précoce, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10. Mais lorsqu’il est découvert à un stade métastatique, les chances de survie à 5 ans chutent à 14,3 %. D’où l’importance capitale du dépistage régulier à partir de 50 ans.

Un test positif ne signifie pas cancer

Autre erreur fréquente : recevoir un résultat positif et l’associer immédiatement à un diagnostic de cancer. Là encore, il faut rétablir la vérité.

Un test positif indique simplement la présence de sang dans les selles, ce qui peut avoir diverses origines. Dans de nombreux cas, il s’agit de polypes, ces excroissances sur la paroi intestinale qui, bien que bénignes initialement, peuvent évoluer vers un cancer si elles ne sont pas retirées.

La coloscopie qui suivra un test positif permettra justement d’identifier ces polypes et de les retirer avant qu’ils ne deviennent cancéreux. On parle alors de prévention active : non seulement on dépiste, mais on prévient l’apparition du cancer.

Prévenir le cancer colorectal au quotidien

Au-delà du dépistage, certains comportements peuvent réduire significativement le risque de développer un cancer colorectal :

  • arrêter de fumer : le tabac est un facteur de risque avéré pour de nombreux cancers, dont le cancer colorectal.
  • modérer sa consommation d’alcool : pas plus de deux verres par jour et pas tous les jours. Saviez-vous que 21 % des cancers du côlon chez les plus de 30 ans sont directement liés à la consommation d’alcool ?
  • limiter sa consommation de viande rouge et de charcuterie : pas plus de 550g de viande rouge et 150g de charcuterie par semaine. Près de 5 600 nouveaux cas de cancer colorectal par an sont attribuables à une consommation excessive de ces aliments ;
  • bouger régulièrement : 30 minutes d’activité physique dynamique par jour suffisent pour réduire significativement le risque.
  • Source : Institut national du cancer

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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