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Les organismes sont mis à rude épreuve lors des épisodes de fortes chaleurs tels que celui qui frappe actuellement la France. Et les conséquences peuvent être dramatiques. Dimanche 24 mai, une femme âgée de 28 ans est décédée d’hyperthermie à l’hôpital alors qu’elle participait à l’Hyrox de Lyon (Rhône). Avec une température extérieure de plus de 30°, l’événement se tenait dans des conditions de fortes chaleurs. Selon les informations d’Actu Lyon, la jeune femme a été transportée à l’hôpital en urgence absolue.
Discipline encore jeune, l’Hyrox est une compétition de fitness très exigeante. Il s’agit d’une course de 8 km, entrecoupée, au bout de chaque km, d’exercices de fitness à haute intensité et très variés : rameurs, marche lestée, poussée de traîneaux, lancers de poids…
La jeune femme a été prise en charge pour hyperthermie, plus couramment appelée coup de chaleur. Il s’agit d’une augmentation de la température corporelle qui atteint un niveau dangereux pour la santé, supérieure ou égale à 40°C. Outre ce symptôme, les patients souffrent de troubles de la conscience avec des pertes de connaissance, des convulsions, un délire et parfois un coma. Ils présentent aussi une chute importante de la pression artérielle.
Le coup de chaleur touche généralement des personnes âgées, qui ont perdu leur autonomie ou qui prennent des médicaments susceptibles de perturber l’adaptation du corps à la chaleur. Il peut, comme dans ce cas précis, toucher des adultes après un gros effet physique, par temps chaud. En effet, comme l’explique Franck Brocherie, chercheur en physiologie de l’exercice à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) à Paris, « la chaleur affecte tout particulièrement la thermorégulation de notre organisme, c’est-à-dire notre capacité à réguler notre température centrale ».
Lors des activités physiques, la température augmente car nos muscles produisent de la chaleur, normalement évacuée par la transpiration. « Cette hyperthermie intervient quand le corps n’est plus capable d’évacuer la chaleur. Il monte alors en température jusqu’à dépasser les 40 °C », explique Nicolas Bouscaren, médecin de santé publique et du sport au CHU de La Réunion, doctorant à l’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne et épidémiologiste Inserm. On parle alors d’hyperthermie d’effort.
Eblouissements, nausées, maux de tête, vertiges, fatigue anormale, troubles de la vision, propos incohérents sont autant de symptômes qui doivent alerter. Dans les cas les plus graves, des protéines dites de « choc thermique » sont alors produites en excès et provoquent « une inflammation systémique et une défaillance multiviscérale incluant notamment des insuffisances rénale et hépatique et des atteintes du système nerveux central », explique l’Inserm. Il s’agit d’une urgence médicale. Un refroidissement et une réhydratation le plus tôt possible sont indispensables. Ce coup de chaleur peut survenir quel que soit le niveau sportif de la personne.
Après le décès de la sportive et plusieurs hospitalisations, le ministère des Sports a rappelé les précautions strictes à mettre en pratique lorsqu’on fait du sport en période de forte chaleur.

Source : Ministère des Sports, Actu Lyon, Inserm, Ameli.fr, Smur Samu 91, CHU d’Angers.

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet