Cancer colorectal : comment repérer les 15% de patients jeunes ?

[28 janvier 2016 - 10h12] [mis à jour le 29 janvier 2016 à 09h30]

« Nous sonnons l’alarme ! » Des médecins américains montrent qu’un patient sur sept diagnostiqué avec un cancer colorectal serait âgé de moins de 50 ans. Autrement dit, l’âge à partir duquel le programme de dépistage est proposé. Y compris en France d’ailleurs.

Le Pr Samantha Hendren et son équipe de l’Université du Michigan ont travaillé à partir des bases de données nationales en matière de cancérologie. Au total, ils ont identifié 258 000 patients souffrant d’un cancer colorectal.

Dans la revue Cancer, ils font part de trois résultats principaux : un, 15% des patients ont moins de 50 ans au moment du diagnostic. Deux, les malades en question présentent un stade particulièrement avancé de l’affection. Ce qui ne les empêche pas – et c’est le troisième point – de bénéficier de meilleures chances de survie à 5 ans, que les autres patients. « Vraisemblablement parce qu’ils reçoivent des traitements plus agressifs, en matière de chirurgie et de radiothérapie », suggèrent les médecins.

Ces derniers s’inquiètent toutefois de cette proportion de 15% de patients jeunes. « Pour avoir un ordre d’idée, en matière de cancer du sein dont le dépistage débute souvent à partir de 40 ans (50 ans en France, n.d.l.r.), moins de 5% des femmes présentent des formes agressives avant cet âge », poursuit Hendren.

42 000 par an cas en France

Faut-il pour autant abaisser l’âge de dépistage du cancer colorectal ? « N’allons pas si vite », rétorque-t-elle. « Des études seraient nécessaires pour avoir une idée précise des implications que cela engendreraient. En matière de coût pour la société notamment ».

Avec 42 000 nouveaux cas, chaque année en France, le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent. Il est aussi le deuxième le plus meurtrier avec 17 500 morts par an. Le programme national de dépistage est proposé tous les deux ans, aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans selon des critères liés à leurs antécédents, qu’ils soient personnels ou familiaux. La participation reste toutefois très insuffisante puisqu’elle s’établissait autour de 31% en 2012-2013. Depuis la mi-2015, un nouveau test de dépistage (OC Sensor®) est à disposition en France. Présenté comme plus fiable, plus performant en termes de détection et plus simple d’utilisation que le précédent (Hemoccult®), il vise justement à booster la participation à la campagne nationale.

Partager cet article