Cancer colorectal : l’espoir des traitements à la carte

13 février 2014

Chaque année en France, plus de 40 000 patients sont frappés par un cancer colorectal. Pour le Dr Pascal Artru, hépato-gastroentérologue et oncologue digestif (Hôpital Privé Jean Mermoz Lyon), « c’est un problème majeur de santé publique. Car avec plus de 17 000 décès annuels, il représente la deuxième cause de décès par cancer ». Mais le développement des thérapies ciblées dans le traitement du cancer colorectal métastatique est en marche. Et aujourd’hui la détermination des caractéristiques génétiques de la tumeur permet d’adapter la prise en charge au profil du patient.

La moitié des cancers colorectaux évoluent vers une forme métastatique, c’est-à-dire avec l’apparition de tumeurs secondaires localisées le plus souvent au niveau du foie. « Grâce aux progrès de la médecine et de la chirurgie, la survie des patients atteints de cancers colorectaux métastatiques a été multipliée par 4 en vingt ans », explique le Dr Artru.

« Selon une étude allemande et autrichienne, il a été montré à partir des caractéristiques génétiques de la tumeur, qu’il était possible d’isoler une sous-population qui représente 40% à 45% des patients. Lesquels bénéficient de façon maximale du traitement par cetuximab (Erbitux®), avec une espérance de vie jamais atteinte dans le cancer colorectal », indique le Dr Pascal Artru. Soit près de 3 ans, contre seulement 6 mois il y a 20 ans !

Une progression de la survie

« Autrement dit, cette approche permet de traiter les malades avec le bon traitement en fonction des caractéristiques génétiques de leur tumeur ». Ces résultats sont déjà applicables en pratique quotidienne. « Si nous ne sommes pas encore à l’ère du traitement à la carte, nous nous en rapprochons grâce à une meilleure connaissance des mécanismes moléculaires et génétiques des tumeurs cancéreuses ».

Ces sous-populations sont déterminées par les caractéristiques génétiques de la tumeur. L’objectif est d’obtenir rapidement une carte d’identité génétique afin de rechercher d’éventuelles mutations qui conditionneront le choix du traitement. « Ce test génétique se fait en quelques jours sur toute la France dans des plateformes de biologie moléculaires labellisées par l’INCA. Et dont il existe un réseau couvrant tout le territoire ».

Aujourd’hui, les professionnels de santé sont donc capables de mieux sélectionner le patient en fonction de la carte génétique de son cancer. « C’est la première fois que cela marche dans le cancer colorectal. Tout le monde s’y retrouve, patients et pouvoirs publics. Cela permet de restreindre les indications des médicaments coûteux à la sous-population qui en bénéficient le plus », conclut le médecin.

  • Source : Interview du Dr Pascal Artru, 10 février 2014

  • Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : David Picot

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