© Altitude Drone/Shutterstock.com
Ce mois de février 2026 est marqué par de multiples inondations, dans de nombreux départements français. Jeudi 19 février, cinq départements étaient toujours en vigilance rouge crues, 12 en vigilance orange. De nombreux sinistrés ont vu leur maison inondée alors que l’épisode pluvieux n’est toujours pas terminé. Certains ont perdu l’ensemble de leurs biens, leurs souvenirs, leur foyer. Alors que ces catastrophes naturelles sont appelées à se répéter du fait du changement climatique, une étude publiée en août 2025 dans la revue Sécurité de l’eau s’est intéressée à l’impact des inondations sur la santé sociale et mentale des personnes âgées. Objectif : améliorer les stratégies de préparation et d’intervention en cas de catastrophe. Les résultats indiquent que les inondations contribuent à un isolement social accru et à un soutien social limité. « Les personnes âgées présentent également des niveaux élevés de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique, bien que les troubles du sommeil semblent moins courants », écrivent les auteurs de l’étude.
L’observatoire européen du climat et de la santé place, aux côtés des personnages âgées, les enfants, les personnes souffrant de maladies chroniques ou de déficiences physiques et les femmes enceintes parmi les populations particulièrement vulnérables aux inondations. Dans un article consacré aux inondations, mis à jour en avril 2025, jusqu’à 75 % des personnes touchées par ce phénomène souffrent de problèmes de santé mentale : traumatisme, détresse mentale à court terme jusqu’au trouble de stress post-traumatique (TSPT), anxiété, insomnie, psychose et dépression.
Le syndrome de stress post-traumatique et la dépression étaient également cités dans une étude de Santé publique France, publiée en 2017, après les inondations importantes dans les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne en juin 2013. Ces troubles étaient mis en relation avec la durée des difficultés matérielles et financières rencontrées par les sinistrés. Les observations « ont montré l’existence d’un impact de santé mentale à moyen terme sur une partie de la population des communes exposées. Globalement, la durée importante nécessaire pour résoudre les conséquences matérielles et financières, ainsi qu’une qualité de vie altérée dans le logement, étaient associées à une plus grande fréquence des manifestations de souffrances psychologiques (TSPT, dépressivité) ».
A un an des inondations, selon une étude québécoise, les personnes qui ont été inondées et celles qui ont été perturbées par les inondations sont significativement plus nombreuses à avoir des problèmes de santé mentale que celles qui n’ont pas été exposées. Selon cette étude, les personnes exposées directement (les « inondés ») ou indirectement (les « perturbés ») aux inondations sont plus nombreuses à présenter des manifestations modérées à sévères de stress post-traumatique, mais aussi une détresse psychologique, un trouble anxieux tel qu’une phobie, un trouble obsessionnel compulsif ou un trouble de panique. Ils sont aussi plus nombreux à présenter un trouble de l’humeur comme la dépression, la bipolarité, la manie ou la dysthymie.
Selon une étude de l’agence britannique Public Health England, les inondations peuvent entraîner une dépendance accrue aux médicaments sur ordonnance, comme les antidépresseurs, ou aux substances récréatives, notamment l’alcool et le tabac. En outre, la hauteur de l’eau joue aussi un rôle. Ainsi, une hauteur d’eau supérieure à un mètre multipliait par 15, 11 et 18 respectivement le risque de dépression, d’anxiété et de TSPT.
Il est important, pour Santé publique France, de mieux cibler, dans les jours qui suivent les inondations, les populations les plus à risque de subir un impact à court et moyen termes, notamment celles ayant subi d’importants dégâts matériels, afin de leur proposer une prise en charge adaptée. L’observatoire européen du climat et de la santé recommande en outre un suivi de la santé mentale des personnes sinistrées.

Source : Santé publique France, Public health england, Sécurité de l'eau, Insitut nationale de Santé publique du Québec

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet