Après l’ablation chirurgicale de la prostate dans le cas d’un cancer, les patients sont nombreux à souffrir de troubles sévères de l’érection. Pour traiter cette conséquence des traitements oncologiques, une greffe de cellules souches au niveau du pénis pourrait être LA solution. Une première étude chez l’homme vient en tout cas de montrer des résultats encourageants.

Les troubles de l’érection sont souvent la conséquence de lésions des vaisseaux et des nerfs du pénis. Un essai clinique pilote a été mené par le Pr René Yiou au CHU Henri-Mondor (Créteil), pour réparer ces lésions cellulaires péniennes après une prostatectomie radicale. Cette nouvelle approche thérapeutique a consisté à injecter dans le pénis des cellules souches prélevées dans la moelle osseuse des patients. Les 12 participants souffraient tous de troubles sévères de l’érection.

Ce travail visait plusieurs objectifs. Tout d’abord, « tester la faisabilité et la tolérance d’une injection de cellules souches médullaires dans le pénis pour traiter des troubles de l’érection après prostatectomie radicale ». Ensuite, « évaluer les effets de la greffe sur la qualité des érections, des rapports sexuels et les vaisseaux du pénis ».

Récupérer une bonne qualité de vie sexuelle ?

Résultats, « la tolérance au traitement s’est révélée excellente et le principal effet secondaire rapporté était une douleur passagère au niveau du site de prélèvement de la moelle osseuse (région fessière) », indiquent les auteurs. Mais surtout, les patients ont rapporté une amélioration notable de leurs érections. Au moins deux patients ont même décrit une réapparition d’érections normales comme avant la prostatectomie radicale sans prise de médicament. Une augmentation moyenne de 1 cm de la longueur du pénis a par ailleurs été constatée. Enfin, « l’amélioration des scores sexuels s’est maintenue un an après la greffe même si certains patients continuaient à utiliser un traitement médicamenteux lors des rapports », ajoutent les chercheurs.

« Le faible nombre de patients inclus dans l’étude et l’absence de groupe contrôle qui aurait reçu une injection placebo incitent à la prudence », notent-ils. Toutefois, « si les résultats de cette étude sont confirmés par d’autres essais cliniques contrôlés, les indications de la thérapie cellulaire pourraient s’élargir aux autres formes de troubles de l’érection moins sévères ou résultant de maladies générales comme le diabète ou autres maladies vasculaires », conclut le Pr Yiou.

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