Cancer de la prostate : un traitement ultra-ciblé

[28 février 2014 - 11h25] [mis à jour le 10 mars 2014 à 09h37]

Au millimètre près. C’est la précision qu’offre Focal one®, le robot dernière génération à ultrasons dédié au traitement du cancer de la prostate. Il permet de cibler la ou les zones tumorales de manière très précise, en préservant le reste de l’organe sain… et la qualité de vie des patients. Présentation.

« C’est une révolution ! » s’enthousiasme un chirurgien à la clinique urologique Nantes Atlantis devant Focal One®. Le robot à ultrasons développé par la société lyonnaise EDAP TMS détruit, de façon très localisée, les cellules cancéreuses prostatiques. Au cours de ces prochaines semaines, une quarantaine de patients éligibles à ce traitement seront opérés à Nantes grâce à ce nouveau robot.

« Par voie transrectale, ce dispositif associe l’imagerie par IRM pour localiser les tumeurs, l’échographie 3D et les ultra-sons focalisés à haute énergie », explique le Dr Sébastien Crouzet, chirurgien urologue au CHU Edouard Herriot de Lyon, qui a développé le robot en partenariat avec l’industriel. En effet, « pour mieux cibler le faisceau d’ultrasons entre 85°C et 100°C, il faut d’abord améliorer la visualisation des tumeurs », poursuit-il.

Dr Sébastien Crouzet, chirurgien urologue au CHU Edouard Herriot de Lyon

Une opération de haute précision

« Une fois la tumeur identifiée, son positionnement est confirmé par imagerie et biopsie », décrit Sébastien Crouzier. « Ensuite, le traitement par ultrasons peut être réalisé en ambulatoire. » Les ultrasons émis par le robot permettent de dévasculariser et donc de détruire les cellules cancéreuses. « Une échographie de contraste réalisée en per-opératoire permet, au cas où la tumeur n’aurait pas été totalement éliminée, de compléter le traitement, au cours de la même opération. »

Les faisceaux ultrasonores réalisés par la machine peuvent être ajustés en longueur et en profondeur au cours de la même intervention. « Ce qui évite au patient une seconde opération et réduit le risque d’oubli d’une portion de la tumeur puisque son contour peut être ciblé plus précisément », ajoute le Dr Crouzet. Enfin, « nous pouvons aujourd’hui atteindre la tumeur en épargnant les tissus environnants. »

Une sexualité préservée

Le principal avantage de ce traitement réside hors du bloc opératoire. « Les patients opérés par ultrasons focalisés présentent bien moins d’effets secondaires, incontinence comme impuissance », se félicite le Dr Crouzier. Ce traitement, encore en cours d’évaluation fournit déjà d’excellents résultats, à Lyon notamment. Dans une étude à paraître prochainement, portant sur 200 patients, « moins de 1% des hommes ont souffert d’impuissance et aucun n’a connu d’épisodes d’incontinence après la séance. »

Enfin, « contrairement à une curiethérapie ou à une radiothérapie, ce traitement n’implique pas de dose cumulative », indique le chirurgien lyonnais. Il peut donc être répété sans limite. Et face à certains échecs thérapeutiques, les ultrasons représentent une chance supplémentaire dans certains cas.

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