Le cancer du pancréas compte parmi les tumeurs au pronostic le plus sombre. Mais des chercheurs canadiens viennent de faire une percée dans la compréhension de la maladie. Ou plus précisément au niveau des mécanismes moléculaires qui mènent au développement de ce cancer. Un nouveau pas dans la lutte contre cette terrible pathologie.

L’équipe de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et de l’Université de Montréal ont révélé l’intérêt d’une petite molécule d’acide ribonucléique nommée miR-137. En fait, dans les tumeurs du pancréas, cette dernière est souvent perdue.

Pourtant « miR-137 est responsable de l’établissement d’un mécanisme de défense appelé ‘sénescence cellulaire ‘, qui fait obstacle à la formation du cancer », expliquent les chercheurs. « Or la perte de miR-137 se combine avec différentes mutations fréquemment observées dans les tumeurs du pancréas. Cela ouvre la porte à la croissance incontrôlée des cellules, conduisant ainsi au cancer. »

Si cette découverte semble relever du détail, elle n’est en rien anecdotique. En effet, « le rétablissement des niveaux normaux de miR-137 dans les cellules cancéreuses du pancréas a permis de freiner leur prolifération et de stimuler la sénescence cellulaire, et donc la protection des cellules », ajoutent les scientifiques.

«Il est maintenant impératif de mieux comprendre les mécanismes menant à la perte de miR-137 afin d’établir des stratégies thérapeutiques pour traiter et prévenir le cancer du pancréas», conclut le Dr Frédérick Antoine Mallette, co-auteur de ce travail.

Rappelons que le cancer du pancréas touche chaque année environ 9 000 personnes en France. Tous stades confondus, la survie à 5 ans s’établit aujourd’hui à 5%. Parmi les facteurs de risque identifiés, citons le tabac, le surpoids, l’obésité ou encore les prédispositions génétiques.

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