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Le cancer du pancréas reste l’un des plus meurtriers. Les traitements disponibles demeurent très limités et, tout stade confondu, le taux de survie à 5 ans est de 11 %. C’est pourquoi les résultats d’un essai clinique publié le 14 avril 2026 dans la revue Nature Medicine suscitent un véritable espoir.
Des chercheurs de la Northwestern University, à Chicago (Etats-Unis), ont testé un médicament expérimental appelé elraglusib chez des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique.
Dans cet essai, 233 patients répartis dans 60 centres médicaux en Amérique du Nord et en Europe ont reçu soit une chimiothérapie classique seule, soit cette même chimiothérapie combinée à l’elraglusib.
Les résultats sont frappants : deux fois plus de patients ayant reçu l’elraglusib étaient encore en vie un an après (44 % contre 22 % dans le groupe « chimiothérapie seule ») et environ 13 % des patients du groupe traité étaient encore en vie deux ans après contre aucun dans le groupe chimiothérapie.
L’elraglusib ne fonctionne pas comme une chimiothérapie ordinaire, dont le principe est de détruire directement les cellules cancéreuses. Il agit d’une façon plus subtile, en ciblant une protéine appelée GSK-3 bêta, impliquée dans la croissance des tumeurs et dans leur capacité à échapper au système immunitaire.
Les tumeurs du pancréas sont difficiles à traiter, notamment en raison de leur microenvironnement, particulièrement apte à supprimer la réponse immunitaire. Dans cette étude, les patients traités par elraglusib ont présenté une augmentation du nombre de cellules anticancéreuses au sein même de leurs tumeurs, ce qui constitue un premier indice suggérant que ce médicament pourrait contribuer à réveiller le système immunitaire.
Maria Lepowsky, dont le défunt mari Robert a participé à l’essai durant deux ans, souligne que le traitement a non seulement prolongé sa vie, mais aussi amélioré sa qualité de vie. « Il prenait seul le bus pour aller à ses séances à la clinique. Maintenir cette autonomie était très important pour lui. »
Et maintenant ? Ces résultats restent à confirmer. Il s’agit d’un essai de phase 2, une étape intermédiaire dans le développement d’un médicament. Une étude de plus grande envergure — un essai de phase 3 — sera nécessaire avant d’envisager une mise sur le marché. Les chercheurs y travaillent actuellement.
En attendant, ces résultats représentent l’une des rares avancées significatives obtenues en dix ans dans le traitement du cancer du pancréas.

Source : Nature Medicine

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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