Cancer du sein métastatique : les polluants organiques persistants pointés du doigt

[04 novembre 2019 - 16h49] [mis à jour le 04 novembre 2019 à 16h50]

Déjà soupçonnés de favoriser le cancer du sein, les polluants organiques persistants auraient également un impact sur l’agressivité de la tumeur. Une équipe Inserm a ainsi montré que l’exposition à ces substances pourrait avoir des conséquences sur le stade de développement des métastases dans les tumeurs mammaires.

L’exposition à des polluants organiques persistants ou POPs (polluants environnementaux perturbateurs endocriniens et/ou carcinogènes que l’organisme ne peut éliminer) serait un facteur de risque du cancer du sein. Ces substances s’accumulent dans la chaîne alimentaire et ne sont pas éliminés par l’organisme. Mais ces POPs ont-ils également un impact sur le niveau d’agressivité du cancer ?

Pour en savoir plus, l’équipe Inserm de Xavier Coumoul* a mesuré la concentration de 49 POPs dans les échantillons de tissu adipeux prélevés autour des tumeurs de 91 femmes atteintes de cancer du sein. En effet, comme les POPs sont très lipophiles – c’est-à-dire qu’ils affectionnent les corps gras – ils se stockent par conséquent dans le tissu adipeux.

Parmi les POPs analysés, la dioxine de Seveso (un déchet des procédés d’incinération) et plusieurs PCB (générés par divers procédés industriels) sont les plus connus. Dernière donnée d’importance, comme le surpoids est un facteur favorisant et aggravant le cancer du sein, une attention particulière a été portée sur les femmes concernées.

Métastases, taille de la tumeur et récidive

Résultat, les chercheurs ont constaté « une association entre la présence de métastases distantes et la concentration en dioxine dans le tissu adipeux chez les femmes en surpoids ». De plus, « chez toutes les patientes, la concentration en dioxine et en PCB mesurés apparaissait associée à la taille de la tumeur ainsi qu’au niveau d’invasion et au stade métastatique des ganglions lymphatiques ». Le risque de récidive s’est aussi révélé proportionnel à la concentration des POPs.

Malgré ce constat clair, les chercheurs affirment ne pas pouvoir « tirer des conclusions fermes sur le lien entre POPs et agressivité du cancer du sein ». Notamment en raison de la petite taille de la cohorte. Pourtant, « cette piste inédite devrait être explorée par de futures études impliquant un plus grand nombre de patientes pour offrir des résultats statistiques plus représentatifs », conclut Xavier Coumoul.

*laboratoire « Toxicité environnementale, cibles thérapeutiques, signalisation cellulaire et biomarqueurs » (Inserm/Université de Paris)

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