Associé à une immunothérapie, un anticorps spécifique freinerait l’évolution de cancers chez la souris… et chez l’Homme. Cette molécule, nommée monalizumab, représente un bel espoir dans l’augmentation du taux de survie de certaines tumeurs.

Les anticorps d’immunothérapie de première génération ont permis de nettes avancées dans le pronostic du mélanome métastatique. Mais aussi du cancer avancé du rein, de la vessie, du lymphome de Hodgkin, des cancers de la tête et du cou, du poumon non à petites cellules. En effet, ces molécules « sont capables de régénérer les défenses immunitaires de l’organisme », rapporte une équipe internationale* de chercheurs.

Comment font-ils, ces anticorps ? En fait, dans le cas d’un cancer, la tumeur est capable de bloquer le fonctionnement des lymphocytes T en détournant l’usage de « freins moléculaires ». Conséquence, le système immunitaire devient alors impuissant quand il s’agit de détruire les cellules cancéreuses en pleine prolifération. Justement ces anticorps agissent sur les freins moléculaires, essentiels à l’action des lymphocytes T dans le processus de destruction des tumeurs.

Sans raison aujourd’hui connue, cette approche thérapeutique ne fonctionne que chez 20% des patients. Ainsi, « pour surmonter les résistances, la stratégie vise à mobiliser simultanément d’autres points de contrôle de la réponse immunitaire et d’autres lymphocytes tueurs mais aussi à combiner les immunothérapies, entre elles ou avec d’autres traitements standards (chimiothérapie, radiothérapie et thérapies ciblées) ».

La piste envisagée… réveiller le potentiel des cellules capables de détruire la tumeur et amplifier l’efficacité des traitements. Voici les pouvoirs testés par l’équipe de scientifiques  auprès de l’anticorps monalizumab, dès lors qu’il est combiné à une immunothérapie.

La progression du cancer stoppée dans un quart des cas

Résultat, l’association immunothérapie-monalizumab « a permis de stopper l’évolution de la maladie et d’augmenter le taux de survie dans plusieurs types de cancers ». Le monalizumab a neutralisé « directement un point de contrôle très important (…) pour l’immunité ».

Chez la souris, le monalizumab augmente la survie de 60% quand il  est utilisé en combinaison avec le durvalumab, une immunothérapie de 1ère génération,  contre 40% lorsque le durvalumab est utilisé seul.

Chez l’Homme, dans le cadre d’un essai clinique de phase 2, monalizumab stimule l’un des mécanismes d’action du cetuximab. Molécule de première ligne dans la prise en charge du cancer de la tête et du cou. Précisément, « l’évolution du cancer est stoppée chez 25 % des patients traités alors que les données d’autres essais rapportent 13 % lorsque le cetuximab est utilisé seul ». 

* dirigée par Eric Vivier  et associant l’Inserm, le CNRS et Aix Marseille Université (au sein du Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy), les sociétés Innate Pharma et MedImmune, en collaboration avec l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille, l’Institut Curie, le centre Léon Bérard, Abramson Cancer Center

Partager cet article