Souffrir d’un cancer impose de nombreuses épreuves. Parmi elles, une rupture avec son corps et l’image de soi est fréquente. Laquelle peut aboutir à un refus d’être touché, regardé et donc également à des difficultés dans le couple. Afin d’aider les patients et leurs conjoints, l’institut de Cancérologie Clairval à Marseille a développé avec l’association Onco-Partage un site internet de conseils pratiques et d’exercices de sophrologie notamment.

« Aider les couples à préserver leur sexualité malgré le cancer. » Voici l’objectif du projet développé par L’institut de Cancérologie Clairval à Marseille en partenariat avec l’association Onco-Partage. C’est par le biais d’un site internet, canceretsexualite.com, que les patients et leurs conjoints peuvent avoir accès, en toute discrétion, aux explications d’un sexologue, d’une onco-esthéticienne et à des séances de sophrologie en ligne.

« Lorsque l’on évoque la santé on parle souvent des quatre piliers fondamentaux : bonne alimentation, activité physique, gestion du stress et protection contre les poisons », énumère le Dr Brigitte Rémy, sexologue à l’origine de ce projet. « Des chercheurs ont mis en évidence un cinquième pilier », poursuit-elle. Il s’agit de « bonnes relations sociales et [du] maintien des relations sexuelles dans le couple ».

Mais « avoir de bonnes relations demande des efforts, le premier est de s’occuper de soi et quand on n’a pas le mode d’emploi, il faut se faire aider », souligne la sexologue. Cette aide peut prendre la forme de séances de sophrologie, de sexologie ou le début d’une psychothérapie. Ce site internet constitue un outil d’aide dans ce cadre.

Regarder et toucher

Pour le site internet, Flavie Delaunay, patiente devenue sophrologue au décours de sa maladie, a réalisé 5 séances de sophrologie dédiée à la réappropriation du corps, de l’intimité et des moments heureux de la vie de couple. De son côté Laure Youinou, onco-esthéticienne de l’association Onco-Partage, a travaillé des techniques de toucher-douceur en couple. Une autre manière de communiquer avec l’autre.

« Le toucher favorise l’échange, l’écoute, permet de créer un espace de retrouvailles, de plaisir », souligne le Dr Brigitte Rémy. « L’acceptation du toucher veut dire « je sens, donc je suis », j’existe à nouveau et reprend ma place d’homme ou de femme. Je peux alors plus facilement réinvestir mon corps. »

Et quelle est la place de l’esthétique ? « Le visage devient le premier support du toucher qui lui, met en scène la relation à l’autre », explique Laure Youinou. « Le but est d’arriver par le biais du modelage, qui se traduit par un toucher en douceur, à ce que le partenaire devienne partie prenante. A deux on est toujours plus fort pour mener cette recherche de sensualité et d’intimité retrouvées », assure-t-elle.

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