Cantines : comment les choix multiples déséquilibrent les menus

[28 novembre 2017 - 12h03] [mis à jour le 28 novembre 2017 à 17h16]

Les collégiens et les lycéens mangent mal à la cantine. C’est le constat de la dernière étude de l’association UFC Que Choisir. La présence de menus à choix multiples est pointée du doigt. En effet, malgré la proposition fréquente de fruits, crudités et autres laitages, les enfants préfèrent toujours l’autre option offerte. Trop souvent des aliments gras et sucrés.

Depuis 2011, les repas servis en restauration scolaire doivent respecter un ensemble de critères nutritionnels. Fruits, crudités, laitages sont à servir fréquemment. Tandis que la charcuterie et les aliments gras et sucrés moins souvent. Or en 2013, dans une première enquête menée dans 100 établissements scolaires, UFC-Que Choisir avait observé de mauvais résultats. Dans la dernière édition de cette enquête, menée en 2017, l’association montre qu’en 4 ans, rien n’a changé. Les enfants mangent toujours trop gras, salé et sucré.

Une fausse impression d’équilibre

« A première vue, les cantines du secondaire apparaissent globalement conformes aux exigences nutritionnelles », note l’association. En effet, « 69% des établissements proposent des crudités tous les jours de la semaine et 65% des fruits frais quotidiennement ». Mais « ces aliments dont il faut encourager la consommation sont en fait présentés au choix avec d’autres produits de moindre intérêt nutritionnel dans la très grande majorité des cas ». Plus grave encore, « les autres aliments proposés sont trop souvent ceux pour lesquels la réglementation demande de limiter la consommation » car trop gras, salés ou sucrés.

Ainsi, « dans près d’un cas sur trois les crudités sont proposées au choix avec des entrées grasses telles que des friands ou de la charcuterie », détaille UFC Que Choisir. « Quant aux fruits frais, près d’une fois sur deux en moyenne ils sont en concurrence avec des desserts sucrés tels que des gâteaux, des beignets ou des glaces. » Peu de chance donc que les jeunes préfèrent les produits bons pour leur santé !

Le fait que la loi ne formule aucune exigence concernant la composition des choix proposés rend donc « illusoire la réalisation des objectifs nutritionnels, en flattant les préférences gustatives des enfants pour les aliments les plus caloriques », poursuit l’association.

Des solutions à choix multiple

Des solutions existent pour améliorer le régime des enfants à la cantine. Certains établissements les mettent déjà en œuvre en proposant par exemple « deux plats de poisson le premier jour et le lendemain un choix de nuggets et de cordons bleus ». Ainsi les élèves sont obligés de consommer au moins une fois du poisson frais.

L’association demande que « les recommandations nutritionnelles officielles soient complétées pour rendre obligatoire des choix de valeurs nutritionnelles équivalentes ».

A noter : En France, 17% des enfants et 51% des adultes sont désormais obèses ou en surpoids, cette proportion progressant encore chez les enfants des milieux défavorisés.

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