Chaque jour, 1 adolescent sur 2 va sur les réseaux sociaux : quels sont les risques ?

13 janvier 2026

Les réseaux sociaux sont devenus omniprésents dans la vie des adolescents, avec plus de la moitié des 12-17 ans qui les consultent quotidiennement. Face à cette réalité, l'Anses vient de publier une expertise qui tire la sonnette d’alarme sur les risques associés à ces usages.

En France, un adolescent sur deux passe entre deux à cinq heures par jour sur un smartphone, souvent pour s’y connecter aux réseaux sociaux. Une fois ce constat établi, une question demeure : comment ces réseaux impactent-ils la santé de ce jeune public ?

C’est pour y répondre – et pour aider les pouvoirs publics à prendre des mesures appropriées – que l’Agence nationale de Sécurité sanitaire (Anses) a conduit une expertise. L’étude, basée sur l’analyse de plus d’un millier de recherches scientifiques, révèle que les réseaux sociaux sont conçus pour maximiser le temps d’utilisation à des fins commerciales. Ils déploient des stratégies sophistiquées pour capter l’attention des utilisateurs, notamment via des interfaces manipulatrices (dark patterns) et des algorithmes qui proposent des contenus ultra-personnalisés.

Or « l’adolescence est une période sensible dans le développement et la construction de l’identité, soulignent les experts. Ils sont moins dotés de capacités de régulation émotionnelle et comportementale que les adultes ce qui les rend plus vulnérables aux effets délétères des réseaux ».

De quels effets parle-t-on ?

L’expertise identifie plusieurs effets néfastes majeurs :

  • altération du sommeil : en retardant l’heure du coucher et en perturbant l’endormissement, les réseaux sociaux provoquent somnolence, irritabilité et favorisent les symptômes dépressifs ;
  • dévalorisation de soi : l’exposition aux contenus idéalisés ou retouchés altère l’image corporelle et peut exacerber les troubles alimentaires ;
  • comportements à risques : les algorithmes amplifient l’exposition à des contenus dangereux (troubles alimentaires, automutilation, consommation de drogues) ;
  • cyberviolences : le cyberharcèlement a des répercussions graves sur la santé mentale, amplifié par l’anonymat et la facilité de diffusion.

L’étude révèle également que les filles sont plus impactées que les garçons, notamment parce qu’elles utilisent davantage les réseaux visuels axés sur l’apparence et subissent plus de pression liée aux stéréotypes de genre.

Des recommandations fortes pour protéger les mineurs

Face à ces constats, l’Anses préconise que « les mineurs puissent accéder uniquement aux réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé ».  Cela implique la mise en œuvre effective de la limite d’âge de 13 ans prévue par le règlement général sur la protection des données (RGPD). Une révision en profondeur des principes de fonctionnement des réseaux sociaux est aussi indispensable : ne pas avoir recours aux techniques d’interfaces manipulatrices, interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé (conduites à risques, jeux d’argent, régimes alimentaires extrêmes, contenus violents, pornographiques, haineux, harcèlement…).

L’agence souligne également l’importance de l’éducation au numérique et de l’accompagnement parental, en collaboration avec les adolescents eux-mêmes, qui doivent être impliqués dans l’élaboration des dispositifs de prévention.

  • Source : Anses

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur notre politique de cookies sur nos CGU.

Aller à la barre d’outils