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En France, un adolescent sur deux passe entre deux à cinq heures par jour sur un smartphone, souvent pour s’y connecter aux réseaux sociaux. Une fois ce constat établi, une question demeure : comment ces réseaux impactent-ils la santé de ce jeune public ?
C’est pour y répondre – et pour aider les pouvoirs publics à prendre des mesures appropriées – que l’Agence nationale de Sécurité sanitaire (Anses) a conduit une expertise. L’étude, basée sur l’analyse de plus d’un millier de recherches scientifiques, révèle que les réseaux sociaux sont conçus pour maximiser le temps d’utilisation à des fins commerciales. Ils déploient des stratégies sophistiquées pour capter l’attention des utilisateurs, notamment via des interfaces manipulatrices (dark patterns) et des algorithmes qui proposent des contenus ultra-personnalisés.
Or « l’adolescence est une période sensible dans le développement et la construction de l’identité, soulignent les experts. Ils sont moins dotés de capacités de régulation émotionnelle et comportementale que les adultes ce qui les rend plus vulnérables aux effets délétères des réseaux ».
L’expertise identifie plusieurs effets néfastes majeurs :
L’étude révèle également que les filles sont plus impactées que les garçons, notamment parce qu’elles utilisent davantage les réseaux visuels axés sur l’apparence et subissent plus de pression liée aux stéréotypes de genre.
Face à ces constats, l’Anses préconise que « les mineurs puissent accéder uniquement aux réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé ». Cela implique la mise en œuvre effective de la limite d’âge de 13 ans prévue par le règlement général sur la protection des données (RGPD). Une révision en profondeur des principes de fonctionnement des réseaux sociaux est aussi indispensable : ne pas avoir recours aux techniques d’interfaces manipulatrices, interdire la diffusion de contenus délétères pour la santé (conduites à risques, jeux d’argent, régimes alimentaires extrêmes, contenus violents, pornographiques, haineux, harcèlement…).
L’agence souligne également l’importance de l’éducation au numérique et de l’accompagnement parental, en collaboration avec les adolescents eux-mêmes, qui doivent être impliqués dans l’élaboration des dispositifs de prévention.

Source : Anses

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet