Chimiothérapie : du nouveau pour limiter la chute de cheveux

[03 février 2017 - 12h13] [mis à jour le 03 février 2017 à 14h43]

L’alopécie est un effet secondaire des traitements anti-cancer particulièrement redouté par les patientes. Une nouvelle génération de casques réfrigérés, plus confortables que les modèles traditionnellement utilisés, permet de contrer efficacement ce phénomène. A l’heure actuelle, le dispositif DigniCapéquipe quatre centres en France. 

Une chimiothérapie mise en place pour traiter un cancer du sein entraîne des chutes de cheveux dans 95% des cas. Porter un casque réfrigéré à -20°C pendant l’injection du traitement permet à 15% des patientes de se passer de prothèse capillaire. Ce faible taux de succès du dispositif s’explique par de fréquents abandons du casque en cours de traitement, celui-ci étant souvent jugé inconfortable et source de céphalées. D’où le développement d’un nouveau dispositif, DigniCap™ (Sysmex).

Une meilleure tolérance

« Quand les patientes coiffent ce bonnet en silicone relié à une unité de refroidissement, il est à température ambiante. Celle-ci est ensuite abaissée progressivement jusqu’à atteindre une température stable de 5°C », explique le Dr Sylvain Dewas, oncologue et radiothérapeute à l’Hôpital Privé Le Bois, à Lille, Groupe Ramsay Générale de Santé. « Bien mieux toléré, le dispositif peut être porté avant, pendant et après la perfusion de chimiothérapie, sur un total de trois heures, ce qui augmente considérablement son efficacité. » Cette réfrigération lente et stable permet en effet une vasoconstriction réellement efficace des vaisseaux du cuir chevelu, empêchant ainsi les produits du traitement d’atteindre les bulbes capillaires. Une étude menée sur 1 202 patientes a d’ailleurs montré un taux de succès de 78% du dispositif.

Quatre centres, basés en région parisienne, à Lille, à Lyon et à Nîmes, sont actuellement équipés d’une unité réfrigérante DigniCap™. Celle-ci permet de traiter deux patientes le matin et deux patientes l’après-midi. Son coût élevé, 50 000 euros, auxquels s’ajoutent les frais de maintenance annuels, limite encore le déploiement de ce système sur le territoire. « Mais nous espérons que cela va se développer », confie le Dr Sylvain Dewas. « Il est primordial de pouvoir proposer à nos patientes des dispositifs améliorant leur qualité de vie pendant les traitements. »

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