Technique chirurgicale proposée aux patients atteints d’obésité morbide, le bypass gastrique en oméga (BPGO) se pratique de plus en plus. Mais pour la Haute Autorité de Santé, cette dernière ne peut se substituer à l’approche de référence.

Parmi les gestes chirurgicaux proposés aux patients obèses, on trouve le bypass gastrique de Roux-en-Y (BPGY). Une technique prise en charge par l’Assurance-maladie depuis 2005.

Autre geste, le bypass gastrique en oméga (BPGO), récemment évalué par la HAS. « La pratique du BPGO s’est diffusée ces dernières années, en France, sans évaluation préalable, et sans qu’un suivi spécifique de cette technique ne soit possible. Le recours à cette technique fait débat chez les chirurgiens bariatriques », révèle l’autorité.

Le BPGY et le BPGO consistent à diminuer le volume de l’estomac pour modifier le circuit alimentaire, grâce à la technique de l’anastomose. C’est-à-dire une dérivation permettant la vidange gastrique directement dans le jéjunum, la partie centrale de l’intestin grêle. « Le BPGY se caractérise par un montage chirurgical comportant deux anastomoses contre une seule pour le BPGO. » 

Efficacité et sécurité du BPGO ?

La question qui se posait donc : savoir « si la technique BPGO pouvait remplacer dans tout ou partie de ses indications le BPGY ». La réponse est non.

Mais comment les spécialistes l’ont-ils prouvé ? En évaluant* « l’efficacité et la sécurité du BPGO chez les patients adultes présentant une obésité massive (IMC 40 kg/m²) ou sévère (IMC 35 kg/m²) associée à une comorbidité ». Et en comparant ces données à celles obtenus avec le BPGY. Idem concernant le risque de complications post-opératoires.

Le BPGO, pas une alternative au BPGY

Résultat, « la HAS considère que le bypass gastrique en oméga (BPGO) ne constitue pas […] une technique validée; elle n’est donc pas une alternative au bypass gastrique de Roux-en-Y (BPGY) ». Ce dispositif « relève donc à ce jour du champ de la recherche clinique et devrait bénéficier de la réalisation d’études » plus poussées.

A noter : en 2017, un total de 5 000 patients français a bénéficié de la BPGO. Tous « doivent bénéficier du même suivi que les patients opérés par BPGY (c’est-à-dire un suivi à vie) ». Avec une attention toute particulière accordée aux complications nutritionnelles (dénutrition, carences…) et à la détection « du cancer du bas œsophage avec un examen de fibroscopie à cinq ans après l’intervention ».

*grâce à la littérature scientifique et à une consultation d’un groupe de travail pluridisciplinaire constitué de professionnels de santé (secteur privé et public) et de représentants de patients

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