Chlordécone aux Antilles : les mises en garde de l’Anses

21 décembre 2017

Kannari : c’est le nom d’une étude pilotée par l’Anses qui a permis de caractériser l’exposition au chlordécone de la population générale, aux Antilles. La conclusion prend la forme d’une mise en garde envers les modes d’approvisionnement de type autoproduction, don et vente au bord des routes…

Pour rappel, le chlordécone est un pesticide utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe pour lutter contre les charançons, des insectes ravageurs des bananiers. Très persistant et bioaccumulable, le chlordécone est encore présent dans les sols. Il peut se retrouver dans certaines denrées d’origine végétale ou animale, ainsi que dans les eaux de certains captages utilisés pour la production d’eau destinée à la consommation humaine.

A travers ce nouveau travail, l’Agence nationale de de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a souhaité mieux évaluer les risques auxquels sont exposées les populations antillaises. Selon ses conclusions, « l’approvisionnement par des circuits informels (autoproduction, dons…) entraîne une exposition supérieure à celle apportée par les modes d’approvisionnement en circuits contrôlés (grandes et moyennes surfaces, marchés, épiceries) »

Quatre fois par semaine…

Elle fait référence à « la consommation issue d’une production domestique d’œufs et de volaille produits en zone contaminée ». Mais aussi à « une consommation supérieure à quatre fois par semaine de produits de la mer pêchés ou collectés par les particuliers ou issus des circuits informels » et encore à celle de « produits d’eau douce pêchés ou collectés par les particuliers ou issus du don ».

Les autorités publiques préconisent en effet de ne pas consommer « plus de quatre fois par semaine des produits de la pêche et ne pas consommer de produits de pêche en eau douce ». Par ailleurs, l’Agence préconise « d’étendre ces recommandations de consommation actuelles à d’autres denrées issues de circuits informels non contrôlés telles que les œufs ». Pour accéder au rapport : http://bit.ly/2BshZY9.

  • Source : Anses, 15 décembre 2017

  • Ecrit par : David Picot – Edité par : Dominique Salomon

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