Les intoxications dues à une prise de cocaïne sont en augmentation depuis plusieurs années en France. L’ANSM s’est basée sur les déclarations de médecins et de services d’urgence sur 7 ans. Ce même constat avait déjà été effectué par l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) en décembre 2017. Les causes ? Une plus grande disponibilité du produit et des dosages plus élevés dus à une plus grande pureté de la poudre. 

Entre 2010 et 2016, le nombre de cas d’intoxications dues à l’usage de la cocaïne a été multiplié par 6. Passant de 68 cas en 2010 et 416 cas en 2016. Cette augmentation importante a pour conséquence une hausse des cas graves (47 en 2010 et 375 en 2016) et des décès ( 25 contre 44), notifiés à l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM).

Les complications les plus fréquentes sont d’ordre psychiatrique (35%), cardio-vasculaire (30%) et neurologique (27%). Des complications infectieuses (12%), ou touchant le système respiratoire (8%) et ORL (3%) sont également rapportées.

« Dans les intoxications rapportées, la cocaïne poudre (chlorhydrate) est la substance consommée principalement, devant le crack et dans une moindre mesure l’association des deux », note l’ANSM.

Comment expliquer ce phénomène inquiétant ?

« L’intensification de l’approvisionnement directement par les DOM des Antilles-Guyane est à l’origine des évolutions les plus récentes du marché », indique l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) dans une publication de décembre 2017*. « Les transferts se font au travers d’un flux croissant d’envois postaux en provenance de ces territoires, mais ils sont aussi le fait du développement, particulièrement marqué en 2016, du phénomène des « mules » transportant la cocaïne soit dans leurs bagages, soit in corpore (jusqu’à 1kg). »

« Ces mules alimentent un certain nombre de réseaux secondaires implantés notamment dans des villes moyennes et concourent à la forte disponibilité du produit sur le territoire français », poursuit l’OFDT, « de même qu’à la hausse de sa pureté moyenne ». En effet, « cet approvisionnement incluant moins d’intermédiaires et d’opportunités de coupe est à l’origine de l’importation d’une cocaïne très pure ».

En outre, « l’approvisionnement par la voie du darknet, émergente, permettrait également d’accéder à des produits très purs, mais reste marginale au regard du trafic classique ».

*Substances psychoactives, usagers et marchés : les tendances récentes (2016-2017)

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