Accueil » Médecine » Maladies neurodégénératives » Comment aborder les pertes de mémoire avec un proche âgé ?
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Ce qui inquiète vraiment, ce n’est pas l’oubli en lui-même, mais ce qu’il pourrait signifier (démence, maladie d’Alzheimer… ). Face à cette peur, beaucoup de personnes minimisent ou se justifient : fatigue, stress, manque de sommeil… Toute remarque d’un proche peut être mal vécue, voire provoquer une réaction agressive. C’est un mécanisme de protection car reconnaître le problème, c’est déjà envisager la maladie.
« Proposer de consulter peut alors être perçu comme une menace », explique le Pr Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Alzheimer. Pourtant, « voir un médecin ne signifie pas obligatoirement poser un diagnostic grave », ajoute-t-il.
C’est un point essentiel, les troubles de la mémoire ont souvent des causes réversibles. Dans 30 à 50 % des cas, on retrouve par exemple des facteurs psychologiques (dépression, stress), certains médicaments (somnifères, antihistaminiques…), l’alcool ou le manque de sommeil, des carences (vitamine B12), une hypothyroïdie ou encore les apnées du sommeil.
De plus, environ un trouble sur deux peut être amélioré ou traité. « Les maladies neurocognitives existent mais elles ne sont pas systématiques », souligne le Pr Amouyel. « Le vrai signal d’alerte doit se déclencher lorsque les oublis perturbent la vie quotidienne (rendez-vous importants oubliés, désorientation…) », indique-t-il.
La manière d’aborder le sujet auprès de proches, souvent âgés, est déterminante pour ne pas les froisser. « Évitez les remarques à chaud, juste après un oubli et choisissez plutôt un moment calme, sans pression », recommande Philippe Amouyel. « Soyez rassurant car ce n’est pas forcément grave et proposez-lui de l’accompagner chez le médecin. » Enfin, « n’infantilisez pas votre proche », conclut-il.
Ces conversations peuvent être inconfortables. Certains proches ont même l’impression de « devenir le parent de leurs parents », ce qui peut perturber la relation. Mais avec de l’empathie, le bon timing et sans dramatiser, il est possible d’ouvrir le dialogue.

Source : interview du Pr Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Alzheimer

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Vincent Roche
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