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La dysménorrhée primaire, sans maladie sous-jacente, désigne les douleurs durant les règles. Elle serait l’affection gynécologique la plus fréquente chez la femme. Les douleurs sont ressenties dans le bas ventre, au niveau du pelvis et s’étendent parfois au dos et aux cuisses. Selon une étude de l’Inserm, près de 90 % des femmes entre 18 et 49 ans souffrent d’une dysménorrhée. 40 % d’entre elles présentent une douleur comprise entre 4 et 10 (sur une échelle où 0 correspond à aucune douleur et 10 à une douleur maximale insupportable). Dans certains cas ces douleurs sont liées à une maladie telle que l’endométriose. Dans d’autres, aucune maladie ne peut les expliquer. Comment les soulager ?
Il existe plusieurs moyens de soulager ces douleurs dont la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdien (AINS). Ceux-ci diminuent la production de prostaglandines, des substances sécrétées par la muqueuse utérine lors des règles et qui provoquent une augmentation des contractions de l’utérus. « Ces contractions anormalement fréquentes privent le muscle utérin d’oxygène (hypoxie) par compression des petits vaisseaux et cette hypoxie provoque les douleurs », explique Ameli.fr. Le site de l’Assurance maladie conseille de prendre ce médicament dès les premières douleurs, sans attendre.
Récemment, l’efficacité de la neurostimulation électrique cutanée, en anglais TENS pour Transcutaneous Electrical Nerve Stimulator, a également fait ses preuves dans plusieurs études. L’une d’elles publiée en 2022 a montré une réduction de 53 % des douleurs grâce à ce dispositif. Il s’agit d’envoyer des petits courants électriques via des électrodes posées sur la peau qui réduisent la douleur. Comment ça marche ? « Ces impulsions électriques activent des fibres nerveuses rapides, de plus gros calibres que celles utilisées pour véhiculer la douleur. Le premier arrivé est le premier servi ! Le message perçu par le cerveau est celui des fourmillements délivrés par le TENS masquant ainsi la douleur », précisent les hôpitaux universitaires de Genève. Le dispositif peut coûter jusqu’à une centaine d’euros et n’est pas pris en charge pour les douleurs de règles simples.
Plus naturelle, la chaleur ! L’application de patch chaud, compresse chaude ou d’une bouillotte sur le bas du ventre a fait ses preuves contre les douleurs de règles. Les auteurs d’une récente étude publiée dans Frontiers in Medicine écrivent : « comparée à l’absence de traitement, la thermothérapie est susceptible de réduire l’intensité de la douleur, tant en prophylaxie qu’en phase aiguë. Comparée aux AINS, la thermothérapie peut atteindre une efficacité analgésique comparable tout en présentant un profil de sécurité supérieur ». La chaleur améliore la circulation sanguine, permet un relâchement musculaire et peut agir sur le système nerveux en modulant la transmission des messages douloureux vers le cerveau (comme le fait le TENS).
Contre les douleurs de règles, Ameli.fr recommande également de masser votre ventre, d’effectuer des exercices doux comme la marche ou la natation. Sur le moyen terme, arrêter de fumer peut aussi réduire les dysménorrhées.
Si les douleurs sont trop fortes, invalidantes au quotidien, ne peuvent être soulagées par des méthodes simples, alors n’hésitez pas à consulter votre médecin. Comment l’écrit l’Inserm, « avoir mal pendant les règles n’est ni normal, ni une fatalité ».

Source : Ameli.fr, Frontiers in medicine, Progrès en urologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Inserm

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Emmanuel Ducreuzet