Conserver ses ovocytes en prévention, bientôt possible pour toutes ?

[22 juin 2017 - 15h23] [mis à jour le 22 juin 2017 à 15h24]

Faire prélever et conserver ses ovocytes pour les utiliser plus tard, en cas de besoin. Cette option sera peut-être bientôt ouverte à toutes les femmes françaises de moins de 35 ans. C’est en tout cas ce que recommande l’Académie nationale de médecine. Précisions.

Depuis 2011, la conservation des ovocytes s’effectue par vitrification. Mais seules sont autorisées les conservations dans un cadre très précis. Tout d’abord, aux femmes atteintes de pathologies malignes, suivant un un traitement par chimiothérapie ou radiothérapie contre le cancer, qui risque de dégrader la fonction ovarienne.

Mais aussi aux femmes qui acceptent de faire don de leurs gamètes. En contrepartie donc. Dans ce cas, il s’agit déjà de conservation sans raison médicale, dans le but de pallier l’infertilité liée à l’avancée en âge. Alors pourquoi ne pas ouvrir en France aussi cette technique à toutes les femmes désireuses de prévenir l’infertilité liée à l’âge, sans préalable justement ? L’Académie nationale de médecine (ANM) vient de trancher en faveur de cette option.

Pour ce faire, elle note toutefois que la Loi de Bioéthique de 2011 doit être modifiée. En effet, « telle qu’elle a été promulguée puis complétée par décret, elle est inapplicable », souligne la Docte Assemblée. Car « elle oblige, pour accéder à leur droit acquis, des femmes à subir deux ou trois cycles de stimulation/ponction ovarienne là où un seul cycle suffit normalement ». Cette loi est donc « médicalement et éthiquement inacceptable. Il serait non éthique de la conserver en l’état. Il revient à l’ANM de le faire savoir et d’en recommander l’amendement ».

Autoriser et protéger

Pour ouvrir la conservation des ovocytes aux Françaises qui le souhaitent dans un environnement éthique, l’Académie de médecine recommande plusieurs cadres :

  • « Cette démarche [devrait être] réservée aux femmes majeures, sous réserve d’une information obligatoire et exhaustive sur les méthodes, leur coût, sur l’âge recommandé du recueil, avant 35 ans, et l’âge d’utilisation ultérieure des ovocytes, avant 45 ans, sur les chances de succès, les risques d’échecs ou de complications, les risques des grossesses tardives, liés à la procédure » ;
  • « Les médecins chargés de la procédure [devraient pouvoir] s’assurer que la décision des femmes de conserver leurs ovocytes soit exempte de toute pression sociale, professionnelle ou commerciale. »

Enfin, l’Académie souhaiterait « un suivi à long terme des mères et des enfants issus de cette technique ».

Pour rappel, les femmes françaises souhaitant faire conserver leurs ovocytes car elles n’ont pas encore de perspective de grossesse à court terme et sont conscientes de la baisse de la fertilité avec l’âge, n’ont d’autre option que de se rendre dans les centres étrangers. Certains pays autorisant en effet ces pratiques, comme l’Espagne ou la Belgique notamment.

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