Consultation d’éthique clinique : « un éclairage au chevet du patient »

[13 mars 2017 - 10h46] [mis à jour le 14 mars 2017 à 15h19]

Refus de soin de la part d’un patient, difficultés à déterminer l’arrêt des traitements chez une personne en fin de vie, réanimation ou non chez un grand prématuré… Les situations pouvant bénéficier d’une consultation d’éthique clinique sont variées. Et chaque cas est unique. Au CHU de Nantes, le Dr Miguel Jean, responsable de la consultation d’éthique clinique, s’efforce d’éclairer, avec son équipe, des situations toujours difficiles et complexes.

Créée en 2009, la consultation d’éthique clinique du CHU de Nantes a pour vocation de « mener une réflexion éthique au lit du malade », explique le Dr Miguel Jean. « Dans le but d’éclairer les personnes impliquées dans le problème posé. Le plus souvent, nous intervenons pour aider à la prise de décision ».

Si tout le monde peut la saisir, « nous sommes le plus souvent sollicités par des professionnels soignants, médecins, mais aussi psychologues, travailleurs sociaux… », souligne-t-il. Rarement par les patients, « mais cela se produit parfois ».

Médecins, psychologues, économistes, juristes…

Lorsque la consultation d’éthique clinique est saisie, « deux ou trois consultants, membres du staff pluridisciplinaire, se déplacent au lit du patient ». Il s’agit pour eux de rencontrer tous les acteurs de la situation, patient, médecins, équipe, proches, et de revenir avec une narration de la situation.

Ensuite, une partie du staff pluridisciplinaire – composé au total de 44 intervenants – se réunit. Tous ne sont pas des soignants. Loin s’en faut. « Des acteurs du monde libéral participent à notre consultation, des juristes, des économistes, des universitaires en sciences humaines…. », énumère-t-il. L’objectif étant que « chacun apporte son regard venu de mondes et d’horizons différents, avec sa représentation et ses perceptions, sur la question posée, pour enrichir la réflexion. »

« Un petit pas de côté »

C’est donc avec les éléments récoltés par les consultants que le staff se réunit. Mais « nous ne sommes pas là pour donner un avis sur des conduites médicales mais pour contribuer à la réflexion autour de cette situation», insiste encore le Dr Jean. Il s’agit d’une sorte de « petit pas de côté qui va éclairer la situation de manière décalée ».

Une fois définie la position du groupe, elle est transmise au patient et à l’équipe soignante. Lesquels peuvent la suivre, ou pas. Dans tous les cas, « nous nous devons d’être réactifs, et rendons notre avis entre 1 et 3 semaines après la saisine », détaille-t-il.

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