Contre Ebola, vacciner les grands singes ?

[25 mars 2015 - 16h44] [mis à jour le 25 mars 2015 à 17h07]

La recherche d’un vaccin contre le virus Ebola se poursuit. Parmi les divers projets, une stratégie originale émerge. Celle d’une vaccination des grands singes, permettant par la même occasion de protéger les populations humaines. Les explications du Dr Michael Jarvis de l’Université de Plymouth (Royaume-Uni).

L’équipe du Dr Jarvis vient de montrer, sur un modèle de souris, qu’une stratégie de dissémination vaccinale durable était possible. En d’autres termes, vacciner quelques individus qui ensuite, au contact des autres, les immuniseraient contre le virus. « L’objectif final étant de vacciner ainsi tous les gorilles », explique Michael Jarvis. En effet, les grands singes sont une des principales sources de contamination à l’homme du virus Ebola, car ils sont consommés comme viande de brousse. Par conséquent, agir sur la diffusion du virus chez les singes pourrait protéger l’homme. Mais entreprendre une campagne de vaccination sur des animaux sauvages est mission impossible. Alors il a fallu mettre au point un vaccin qui se répande tout seul dans la population simienne.

C’est le cas du vaccin basé sur un cytomégalovirus (CMV). Ce dernier est un virus de la famille de l’herpès, induisant des réponses immunitaires fortes. Les auteurs de ce travail ont montré que ce vaccin permettait de protéger les animaux immunisés contre Ebola sur le long terme. En effet, après l’injection de seulement une dose, les souris étaient protégées pendant 4 mois. De plus, des réponses immunitaires perduraient dans leur organisme jusqu’à 14 mois après injection. « Une immunité durable est très importante dans cette stratégie vaccinale », soulignent les auteurs. « Afin que la dissémination ait une chance de succès. »

Prochaine étape, l’application de ce vaccin à un modèle de macaque. Cette fois en observant l’efficacité de la dissémination. En effet, « nous avons encore beaucoup de travail avant de parvenir à notre but », souligne Michael Jarvis. « Les souris de notre étude ayant été vaccinées par inoculation directe, et non par dissémination. » Ensuite seulement, « nous intégrerons une protéine du virus Ebola dans la version gorille du CMV pour parvenir à vacciner ces grands singes sans avoir besoin de les injecter individuellement », poursuit-il.

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