Contre la précarité menstruelle, les protections hygiéniques bientôt gratuites ?

[28 mai 2019 - 16h31] [mis à jour le 28 mai 2019 à 16h32]

Mettre à disposition des protections hygiéniques gratuites dans les lieux collectifs, pour les femmes vulnérables ? Le gouvernement se penche sur le sujet, à l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle organisée ce 28 mai.

En France, 1,7 million de femmes* n’ont pas les moyens suffisants d’acheter des protections périodiques.

Pour lutter contre ce fléau, une idée germe du côté du gouvernement : mettre en libre accès des serviettes hygiéniques, des tampons et des cups dans les lieux collectifs pour lutter contre la précarité menstruelle.

La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité, Marlène Schiappa, a « réuni plusieurs ministres, parlementaires, entrepreneuses, industriels, experts et associations » pour plancher sur la question, ce 28 mai à l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle.

Lors de cette réunion, Patricia Schillinger (sénatrice LREM) s’est vue confier une « mission sur l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques » pour coordonner le projet.

L’objectif est double :

« Briser le tabou autour des règles » : aujourd’hui encore, la gêne provoquée par les règles induit un manque d’information. Chez les femmes, et surtout les adolescentes, cette faible sensibilisation peut provoquer « une expérience négative, voire traumatisante, lors de leurs premières règles, une honte vis-à-vis de leur corps et un mal-être », détaille le site du gouvernement. Autre impact, « une méconnaissance des symptômes et donc un stress lors de leur apparition » et enfin « une intériorisation de la douleur souvent considérée comme ‘naturelle’ pouvant provoquer de gros retards de diagnostic de maladies telles que l’endométriose » ;

« Faire en sorte que chaque femme ait accès à des protections hygiéniques » : en effet, les femmes les plus précaires « n’ont souvent pas les moyens de se procurer les produits dont elles ont besoin en quantité suffisante. Elles doivent de ce fait utiliser des alternatives dangereuses pour leur santé ».

A noter : ce projet vient dans la lignée d’une mesure adoptée par les députés de diminuer la TVA appliquée aux protections périodiques féminines, de 20% à 5,5%.

*Sondage Ifop « Hygiène et précarité en France » réalisé pour Dons solidaires, auprès d’un échantillon de 701 personnes bénéficiaires d’associations du réseau Dons Solidaires. Questionnaire auto-administré papier et en ligne du 17 janvier au 8 février 2019

 

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