Les scientifiques le savaient déjà. Un appauvrissement de notre microbiote intestinal est une des causes de la hausse de l’incidence des allergies. En revanche, le mode d’action conduisant de l’absence de bactéries aux manifestations allergiques était jusqu’ici beaucoup moins clair. « Jusqu’ici » puisque des chercheurs de l’Institut Pasteur viennent de percer le mystère. 

Ces scientifiques sont partis d’un constat assez simple : « La théorie hygiéniste suggère un lien entre l’augmentation de la prévalence des maladies allergiques dans les pays industrialisés, et une baisse de l’incidence des maladies infectieuses dans ces pays », expliquent-ils. « L’amélioration du niveau d’hygiène entraîne une diminution des contacts avec les microbes au cours de l’enfance. On constate que ces populations présentent plus d’allergies ou de maladies auto-immunes ».

Depuis, des études épidémiologiques ont soutenu cette hypothèse en montrant que les enfants vivant au contact d’animaux fermiers et donc de plus d’agents microbiens, développent moins d’allergies au cours de leur vie.

Des microbes pour bloquer les allergies

Plusieurs types de réponses immunitaires sont orchestrés pour défendre l’organisme. En présence de microbes de type bactéries ou champignons, les cellules immunitaires sollicitées sont nommées de type 3. Ces cellules immunitaires s’organisent pour phagocyter et tuer les microbes.

En revanche, lors d’une infection par des agents pathogènes de trop grande taille (comme certains allergènes) ce sont les cellules immunitaires de type 2 qui interviennent. Cela peut se traduire par une réaction allergique.

Les chercheurs de l’Institut Pasteur ont montré  – sur des souris – que les cellules de type 3, lorsqu’elles sont sollicitées, bloquent l’action des cellules du type 2. Ce qui réduit le risque de déclenchement d’une allergie.

« Pour soigner et limiter les allergies, la piste thérapeutique envisagée consisterait à stimuler les cellules de type 3 en imitant l’effet des microbes, afin de bloquer par la suite les cellules de type 2 responsables des réactions allergiques », concluent les chercheurs.

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