Crash du vol Rio-Paris : les corps seront-ils identifiables ?

05 mai 2011

Ce mercredi, ont débuté les tentatives pour remonter les corps des victimes du crash du Rio-Paris (AF447), survenu au large du Brésil, le 1er juin 2009 avec 228 personnes à son bord. Les dépouilles pourront-elles être ramenées à la surface? Dans quel état se trouveront les corps après avoir passé deux ans à 4 000 mètres de profondeur ? Pourront-ils être identifiés ?

En avril dernier, dans les colonnes de nos confrères du Quotidien du Médecin, le Dr Philippe Werson, chef du service de médecine légale d’Evry expliquait « qu’à près de 4 000 mètres, l’eau est très froide, autour de 0 ou 1 degré. Les corps devraient être assez bien conservés. »

Ce constat est confirmé par un autre spécialiste en médecine légale et en expertise médicale, à Nantes. Selon lui, « malgré les deux années d’immersion, les conditions de conservation apparaissent très bonnes. La putréfaction a été stoppée par l’hyper pression, la rareté de la lumière et de l’oxygène. Cependant, nous ne connaissons pas vraiment comment agissent les micro-organismes à une telle profondeur. Une chose est certaine, la dégradation se fait moins rapidement qu’à l’air libre. Les graisses corporelles ont dû se transformer en une sorte de savon, appelé adipocire et qui participe à la conservation. Quant à la couleur de la peau, elle devrait être jaunâtre et les corps sans doute écrasés par la pression ».

Le principal problème désormais qui se pose aux spécialistes est la remontée en elle-même et surtout le contact avec l’air libre et la lumière. Ces derniers pourraient en effet accélérer la putréfaction. Toujours est-il que si les corps ne sont pas identifiables, les médecins légistes pourront aussi recourir aux prélèvements d’ADN (moelle osseuse, dents, cheveux…). Et le cas échéant, se servir de divers éléments comme les vêtements, les bijoux ou encore l’emplacement dans la cabine, pour confirmer l’identité des passagers.

Rappelons enfin que cette opération de remontée des corps intervient quelques jours après le repêchage de la seconde boîte noire. Elle pourrait permettre de comprendre enfin, les raisons de cette catastrophe pour le moment inexpliquée.

  • Source : Le Quotidien du Médecin, 8 avril 2010 - Interview d'un médecin légiste de Nantes, 5 mai 2011

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