Les femmes et les hommes séropositifs au VIH ont-ils suffisamment accès au dépistage du cancer ? A quelle fréquence ces patients en bénéficient-ils ? Menée en avril 2011 et janvier 2012 dans 73 hôpitaux de France, l’enquête ANRS-VESPA2 nous donne un éclairage sur la question.

Depuis l’arrivée des traitements antirétroviraux, en 1996, les taux d’infections et de décès liés au VIH sont en constante diminution. Mais en lien direct avec l’augmentation de l’espérance de vie des patients séropositifs, le risque de comorbidités augmente. Principale maladie diagnostiquée chez les patients, le cancer à l’origine d’1 décès sur 3 dans la population séropositive en 2010.

Mais comment les patients séropositifs sont-ils inclus dans le dépistage du cancer ? Des chercheurs de l’INSERM, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Observatoire régional de la santé PACA se penchent sur la question dans la dernières livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Ces derniers ont suivi 3 022 patients dont la séropositivité était diagnotiquée depuis au moins 6 mois. Résultat, « le recours au dépistage des cancers des patients atteints par le VIH et suivis à l’hôpital n’est pas plus faible qu’en population générale ». Mais parmi les femmes séropositives le dépistage du cancer du col de l’utérus reste insuffisant au regard des recommandations.

Dans le détail

Sur une moyenne de trois ans, le frottis est pratiqué chez 88,2% des femmes séropositives, « exposées à un risque élevé de cancer du col de l’utérus ». Contre 82,8% pour les femmes n’ayant pas contracté le virus du SIDA. Mais en moyenne, seules 76% des femmes VIH+ ont rapporté un frottis dans l’année. En 2011, « le taux de mammographie était de 82,2% auprès des patientes séropositives. Contre 88% chez les femmes séronégatives ».

Concernant le dépistage du cancer colorectal, le taux de recherche de sang dans les selles (type Hemoccult®) était de 39,4% chez les femmes séropositives. Il est de 43,3% dans la population non infectée par le VIH. Chez les hommes, la pratique de ce test ne présente que très peu de différence entre séronégatifs (45,6%) et séropositifs (44,5%).

Autre donnée, l’âge semble être un facteur influant sur les taux de participation au dépistage du cancer des patients infectés par le virus du SIDA. Les plus âgées sont plus à jour pour le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus. En revanche les jeunes séropositifs sont mieux diagnostiqués pour le cancer colorectal que leurs aînés. Des inégalités d’accès aux soins expliquent aussi que les patients diplômés sont légèrement mieux suivis que les hommes et femmes séropositives peu diplômés.

Quels schémas de prévention ?

Dans la population générale, le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé tous les 3 ans aux femmes âgées de 25 à 64 ans. Du fait d’une immunité réduite, les femmes séropositives pour le VIH, elles, doivent passer cet examen chaque année, voire deux fois par an en cas de diminution d’immunodépression sévère. Chez les séronégatifs comme chez les séropositifs, le dépistage du cancer du sein par mammographie et le dépistage du cancer colorectal sont recommandés tous les deux ans entre 50 et 74 ans.

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