« PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée… » Des médecins américains se sont penchés sur un tabou : la dépression parmi les pilotes aériens. Leurs résultats sont effarants : plus d’un sur dix (12%) serait concerné par cette maladie qui ne dit pas son nom. 

Conduit par le Pr Joseph Allen et son équipe de la Harvard T.H. Chan School of Public Health de Boston (Massachussetts), ce travail a été entamé au lendemain du crash de l’Airbus A 320 de la Germanwings, dans les Alpes. C’était le 24 mars 2015 et 150 personnes avaient péri. L’enquête avait conclu que le pilote, souffrant de troubles dépressifs, avait délibérément provoqué la chute de l’avion.

« Un voile de secret entoure tout ce qui se rapporte à la santé mentale au sein du cockpit », explique l’auteur. Il pointe du doigt les autorités de l’aviation civile… « Les pilotes ne sont pas incités à se confier sur ce sujet de peur d’être stigmatisés ». Pour leur étude, les médecins ont donc misé sur l’anonymat des répondants.

Somnifères, harcèlement…

Le questionnaire mis en ligne mêlait différentes thématiques afin d’éviter les biais. Environ 3 500 pilotes y ont répondu dans 50 pays, dont 45% étant issus des Etats-Unis, 12,6% du Canada et 11% d’Australie. Sur cet ensemble, 1 848 ont rempli le questionnaire consacré à la santé mentale. Il en ressort que 12% présenteraient effectivement des critères de dépression. Sans compter que 4,1% ont eu des pensées suicidaires les deux semaines précédentes.

L’auteur a observé que les pilotes les plus à risque étaient celles et ceux qui « consommaient des quantités importantes de somnifères ». Mais aussi les professionnels qui étaient victimes d’harcèlement moral ou sexuel. Des résultats suffisamment édifiants pour se pencher sur la question afin « de mieux évaluer le problème et surtout de le prévenir », conclut l’auteur principal.

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