Dermatologie : contre les maladies des ongles, une nouvelle voie d’abord !

07 octobre 2002

Près d’un français sur 10 a les ongles infectés par des champignons. Une maladie – l’onychomycose – qui peut et doit être soignée sérieusement.

Car elle ne guérit jamais seule. Les traitements, réputés longs et pas toujours efficaces, sont considérés sous un autre jour depuis l’arrivée de nouvelles armes thérapeutiques. A commencer par les topiques transunguéaux, qui agissent donc à travers l’ongle lui-même…

Au dernier congrès mondial de dermatologie qui s’est tenu à Paris courant juillet, les spécialistes ont fait état de nouvelles avancées thérapeutiques. L’accent a été mis sur ces topiques antifongiques, qui agissent à la manière des timbres – ou patchs – transdermiques. Jusqu’à présent les vernis tout comme les pommades restaient en surface. Ce qui forcément, limitait leur efficacité. Or nous a expliqué le Dr Robert Baran, dermatologue et spécialiste des ongles, «l’antifongique contenu dans les nouveaux topiques traverse la barrière de la substance dure de l’ongle, la kératine. Il peut ainsi atteindre les champignons qui se développent généralement sur le lit de l’ongle entre la tablette et la région sur laquelle elle repose.»

Ce traitement est également moins contraignant, puisqu’il suffit d’une ou deux applications par semaine. Si la surface atteinte ne dépasse le tiers de l’ongle ce traitement local, administré seul, est efficace. Si en revanche l’ongle est touché aux deux tiers, s’il a une épaisseur supérieure à 2mm ou 2,5 mm ou encore si sa partie latérale est atteinte, le topique seul sera moins efficace. On l’associera alors à un traitement oral, pour attaquer le champignon à la fois par l’intérieur et l’extérieur…

Et si cela s’avère nécessaire, votre dermatologue devra retirer la partie malade de façon chimique ou mécanique (sans douleur, rassurez-vous !) . Cette association triple d’un antifongique transunguéal, d’un traitement oral et d’une ablation – ou avulsion – de la zone infectée de l’ongle, constitue un ultime recours. C’est aussi une forme d’arme absolue qui doit absolument inciter les malades à consulter sans tarder. Et surtout à ne plus interrompre leur traitement.

Face à ces premiers résultats, les spécialistes mettent tous les espoirs dans ces nouveaux topiques transunguéaux pour traiter d’autres maladies de l’ongle, notamment celles qui nécessitent la suppression de l’ongle avant traitement. Ils ont déjà expérimenté l’incorporation de corticoïdes pour traiter le psoriasis de l’ongle, évitant les injections – fort désagréables… – au bout des doigts. Enfin, ils travaillent à des antiviraux pour traiter l’herpès du lit de l’ongle, très douloureux, et sur des immunomodulateurs qui permettraient de soigner les verrues qui se logent sous la tablette de l’ongle.

  • Source : Dictionnaire d’ophtalmologie de l’Académie de Médecine, Conseil international de la Langue française

Aller à la barre d’outils