Des addictions stupéfiantes

[10 octobre 2014 - 15h58] [mis à jour le 10 octobre 2014 à 17h02]

Douce ou dure, prise à l’occasion ou régulièrement, une drogue reste une drogue. Perte du contrôle de soi, changement d’humeur, modification des perceptions… les effets varient selon les substances et dépendent surtout de la fréquence et des quantités consommées. Point commun, une consommation excessive et régulière mène… à la dépendance. Mais quelles sont ces drogues, que renferment-elles ? Quels sont leurs effets ?

Connue pour stimuler la concentration et « booster » la confiance, la drogue rend accro. Ainsi, plus la consommation de substances psychoactives est précoce et régulière, plus les dommages sur la santé peuvent être importants, voire irréversibles. A tel point que toutes générations confondues, les conduites addictives sont à l’origine de 30% des décès évitables en France.

Les drogues douces

Le tabac. Blond, brun, en cigarettes, à rouler, à chiquer.

Sous toutes ses formes, le tabac contient de la nicotine. Cette substance fortement addictogène a un effet stimulant, anxiolytique et coupe-faim. Les produits du tabac contiennent toujours des additifs qui en améliorent les caractéristiques : des humectants, des agents exhausteurs de goût… mais aussi des addictifs qui favorisent la dépendance. La combustion de ces produits augmente la production de monoxyde de carbone et de goudrons, hautement toxiques pour la santé.

Mais ce n’est pas tout, le tabac limite l’apport en oxygène au cerveau et aux muscles. Il est aussi responsable de vertiges, de maux de tête, et d’une diminution de la résistance à l’exercice physique. Sans compter l’augmentation de la pression artérielle, l’accélération du rythme cardiaque et la détérioration des artères. En atteignant les fonctions cardiovasculaires, respiratoires et digestives, le tabagisme serait d’ailleurs à l’origine d’un cancer sur quatre. Première cause de mortalité, le tabac tue un fumeur sur deux. Il est responsable chaque année de 73 000 décès.

L’alcool, soft ou hard.

L’alcool abaisse le niveau de vigilance, fait rapidement perdre le contrôle de soi. L’organisme n’est en effet pas capable de digérer l’alcool. Chaque gorgée avalée va donc directement dans le sang, puis est transportée en quelques minutes dans toutes les parties de l’organisme. D’où les effets euphorisants de l’ivresse… quasi immédiats. Au-delà de 2 ou 3 verres par jour sur le long terme, la consommation augmente le risque d’addiction et de pathologies (cancers du pancréas, troubles cardiovasculaires, maladies du système nerveux, hypertension artérielle, troubles du comportement, cirrhose alcoolique, cancer du foie..). Chaque année, l’alcool est responsable de 40 000 décès.

Le cannabis, de l’herbe, de la résine ou de l’huile.

Après le tabac et l’alcool, le cannabis est la troisième substance psychoactive la plus consommée par les jeunes français. Sous forme d’herbe, de résine ou d’huile, le cannabis est utilisé pour son effet « planant ». Comme toutes les drogues, il permet à ses usagers de ressentir un plaisir inatteignable à l’état naturel. Consommée pour apaiser et stimuler sur le moment, cette plante provoque un effet psychotrope au long terme. C’est le THC (tétrahydrocannabinol) qui déclenche le phénomène addictif.  L’impact varie selon chacun, entre légère euphorie ou somnolence, mais peut aussi entraîner un malaise ou un bad-trip (pensées noires, isolement, angoisse…).

Consommé sur plusieurs années, le cannabis est connu pour altérer la mémoire immédiate et les capacités de concentration. La dépendance au cannabis peut survenir selon la vulnérabilité de chacun (sensibilité, histoire personnelle, isolement…). Avec près de 4 millions d’usagers dont 1,2 million de fumeurs réguliers, le cannabis est la substance illicite la plus consommée en France.

La France avec le Canada, la République Tchèque, la Suisse, les Etats-Unis et l’Espagne, se situe parmi les pays où la prévalence de consommation de cannabis chez les adolescents est la plus élevée. A 17 ans, 42% des Français ont fumé du cannabis au moins une fois.

Les drogues dures

La cocaïne, de la fine poudre blanche en cristaux.

Deuxième substance illicite la plus consommée en France, la cocaïne circule dans tous les milieux sociaux. Elle peut être sniffée (en ligne), injectée par voie intraveineuse ou fumée

sous forme de crack. Les effets de la « coke » sont immédiats : forte euphorie, sentiment de toute puissance intellectuelle et physique ainsi qu’une forte indifférence à la douleur.

Dans les heures qui suivent la prise survient … la descente, phase durant laquelle l’usager ressent des sensations contraires : forte anxiété, panique exacerbée, paranoïa, souvent palliées par la prise d’une autre dose de cocaine ou de médicaments psychoactifs. Loin d’être anodin, le recours aux médicaments psychotropes est en constante augmentation. Aujourd’hui, 11% des adolescents ont déjà consommé des somnifères et 15% des anxiolytiques.

La consommation de crack (cocaïne fumée) a des effets encore plus intenses comparée à la poudre, avec des hallucinations et un état dépressif beaucoup plus marqués. Sur le long terme, la cocaine engendre un état dépressif voire suicidaire. Enfin, le matériel utilisé pour « se piquer » augmente le risque de transmission des virus à hépatites B et C et du VIH/SIDA. Une overdose de cocaïne provoque un arrêt cardiaque. Les premiers signes annonciateurs ne doivent pas tromper : hallucinations auditives et visuelles, rythme cardiaque en cavale et très irrégulier.

L’ecstasy, des pilules de toutes les couleurs

L’ecstasy est en partie composée d’amphétamines (molécules de la MDMA) responsables des effets psychoactifs et hallucinogènes. Neuf fois sur dix, l’ecstasy comporte d’autres substances comme la caféine, des médicaments ou du sucre. Attractif pour les jeunes en soirée, « l’ecsta » augmente la tension artérielle, la contraction des muscles et de la mâchoire, assèche la bouche. Puis arrivent une sensation de bien-être … qui ne dure pas. Survient ensuite l’effet inverse : angoisses, phobies parfois même des convulsions, des troubles du rythme cardiaque combinée à une perte de la sensation de faim et de soif entraînant un réel risque de déshydratation.

En 2010, 2,7% des 18-64 ans avaient pris de l’ecstasy au moins une fois.

Les amphétamines, pilules appelées speed

Il s’agit de psychostimulants et anorexigènes puissants qui suppriment, (il s’agit en fait d’une illusion), la sensation de fatigue et donne  l’impression d’être invincible. Leur consommation peut être à l’origine de crise de tétanie ou d’angoisse. L’effet de ces produits est décuplé chez les patients souffrant de dépression, de troubles cardiovasculaires ou d’épilepsie. L’association avec d’autres produits comme l’alcool accroît les risques de neurotoxicité.

Le LSD, un papier sous la langue

Associé au mouvement hippy des années 60 et techno en 1990, l’acide lysergique se présente le plus souvent sous la forme d’un buvard imbibé portant un dessin. Le LSD est classé comme stupéfiant depuis 1970 dans la catégorie des drogues sans visée thérapeutique.

Déposé sur la langue, il diffuse dans l’organisme dans la demi-heure. Pendant environ cinq heures, des hallucinations peuvent se produire. La descente est ensuite rude : angoisses, panique, bouffées délirantes… Des « retours d’acide » peuvent d’ailleurs survenir quelques jours après la prise. L’usage de LSD peut engendrer des troubles psychiatriques graves qui persistent même après que la consommation ait cessé.

En 2008, plus de 90 000 supports (buvards, capsules…) de LSD ont été saisis en France.

Les champignons hallucinogènes

Les visions et autres effets euphorisants qu’ils provoquent sont proches de ceux du LSD. Les champignons hallucinogènes donnent au consommateur une illusion de sécurité. Les risques sont en fait les mêmes que le LSD : crises d’angoisse, pertes de contrôle, bad-trips. Certaines variétés sont fortement dosées en principe actif et peuvent exposer à de graves accidents. Tous les champignons hallucinogènes présentent un risque réel de toxicité potentiellement mortel.

Le GHB, une molécule à usage médicale

Utilisé pour ses vertus anesthésistes, le GHB est connu pour favoriser des relations sexuelles forcées, d’où son surnom de « drogue du violeur ». Les hommes y trouveraient une relative stimulation sexuelle, les femmes verraient leur sexualité exacerbée, et s’exposeraient à des relations involontaires. Le produit (sous forme de poudre ou liquide) est le plus souvent versé dans les boissons à l’insu des consommatrices.

L’héroïne, en poudre ou en granules à écraser

Depuis les années 90, cette drogue s’est faite l’héroïne de la culture pop. Souvent injectée par voie intraveineuse, elle peut aussi être sniffée ou fumée, et provoque très rapidement un apaisement, une euphorie et une sensation d’extase.

En quelques semaines, le consommateur ressent le besoin d’augmenter la dose et la fréquence des prises. La vie quotidienne tourne alors autour du produit. Dans la majorité des cas, la dépendance s’installe rapidement. L’héroïnomane oscille alors entre des états de soulagement euphorique (lorsqu’il est sous substance) et de manque qui provoquent anxiété et agitation. La dépendance à l’héroïne entraîne presque toujours des risques de marginalisation sociale. Des troubles apparaissent très vite, dont l’anorexie et l’insomnie.

Les drogues cultivées

Pour vous faire un avis – sur grand écran ou dans les livres – des chemins vers lesquels la drogue peut mener :

Les films à voirPulp Fiction (1994); Leaving las Vegas (1995) ; Trainspotting (1996); Éxtasis (1996); Las Vegas Parano (1998); Human Traffic (1999); Requiem for a dream (2000); Spun (2002); Kaboom (2010); Twelve (2010); Oslo 31 août  (2011); Le loup de Wall Street (2013).

Les séries: The Wire (2002); Breaking Bad (2008)

A lire : Flash de Charles Duchaussois, Sur la route de Jack Kerouac, les œuvres de Charles Bukowsky.

Pour aller plus loin : le site de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) donne accès à des informations scientifiques actualisées sur tous les produits, des documents d’information et de prévention à destination de tous… Vous y trouverez la rubrique Drogues Info Service axée sur trois thèmes : vos questions/nos réponses, questions les plus fréquemment posées et les adresses utiles.

Le site de l’Institut national de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES), Guette l’info, traque l’intox répond de façon claire aux questions que se posent les jeunes…

Le site de tabac-info-service propose des outils et des exercices interactifs pour faire le point sur sa dépendance, ses motivations pour arrêter…

Le site www.filsantejeunes.com et www.cannabis-infos.com donne accès à une documentation très riche, avec des dossiers mensuels, des actualités hebdomadaires, plusieurs forums et la possibilité de questionner des professionnels de santé par mail.

Drogues info service est à votre écoute au 0 800 23 13 13, disponible 7j/7, appel gratuit depuis un poste fixe.

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