L’ecstasy, aussi addictive que la cocaïne…

[17 septembre 2013 - 09h28] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

Très répandue dans les milieux festifs, la consommation d’ecstasy expose à une addiction rapide. Selon des chercheurs de l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM), une prise répétée modifie durablement les réseaux neuronaux avec un risque accru de dépendance, motivée par une montée de l’anxiété. Comme c’est le cas en fait pour les autres drogues : amphétamine, cocaïne, morphine, alcool et tabac.

Pour mieux comprendre cette addiction, l’équipe de Jean-Pol Tassin (Unité INSERM 952 – CNRS- Université Pierre et Marie Curie, Paris) a administré quatre doses successives de MDMA (le nom scientifique de l’ecstasy) à 700 souris. Différents tests comportementaux  et physiologiques ont mis en lumière « une stimulation accrue et prolongée des neurones à noradrénaline et à sérotonine. Ces derniers perdent leur capacité à auto-réduire leur niveau d’excitation et cela provoque un découplage entre ces deux types de neurones. Résultat, le comportement des animaux s’altère avec le nombre de prises et ils deviennent extrêmement anxieux ».

Sur le plan humain, « certains consommateurs d’ecstasy présentent des troubles du comportement et une addiction pérennes après seulement quelques prises. Ces personnes sont extrêmement anxieuses en l’absence de drogue et ressentent une envie irrépressible de reprendre du produit. »

Vers une piste thérapeutique ?

Pour les chercheurs, « ces travaux apportent des clés pour désamorcer le phénomène. A nous de trouver une ou deux molécules capables de rétablir une activité neuronale normale. Cela permettrait de restaurer la communication entre les deux types de neurones et de réduire l’anxiété et le risque de dépendance »

Rappelons que cette drogue se présente généralement sous forme de comprimés aux couleurs variées, ornés d’un logo. Augmentation de la tension artérielle, accélération du rythme cardiaque, contraction des muscles de la mâchoire, la peau qui devient moite et la bouche sèche, tels sont les principaux effets de cette drogue. Puis arrivent une légère euphorie, une sensation de bien-être et de plaisir. Avant de laisser la place aux angoisses, phobies… Elle peut aussi entraîner des convulsions, des troubles du rythme cardiaque et hépatique.

En 2010, près de 3% des 18-64 ans ont expérimenté la MDMA, soit un peu plus de 1 million de personnes. Les tranches d’âge les plus concernées sont les 26-34 ans, principalement celles qui fréquentent des milieux festifs (bars, clubs, discothèques ou événements alternatifs).

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

 

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