
“L’implantologie dentaire n’est pas une discipline nouvelle“, explique le Dr Christian Verner. Chirurgien dentiste à Nantes et membre de la Société française de Parodontologie et d’Implantologie orale (SFPIO), il nous rappelle que cette technique remonte en fait aux années 50. « Un Suédois, le Dr Per-Ingvar Branemark, s’est aperçu que des vis en titane implantées dans l’os finissaient par faire corps avec lui. » L’ostéo-intégration était née.
L’implant dentaire est donc une racine artificielle, directement fixée dans l’os. Ce dispositif permet de remplacer une seule dent absente, indépendamment des dents adjacentes. Gros avantage sur le bridge qui lui, a besoin de dents collatérales pour prendre appui! Une dent en céramique est ensuite vissée sur cette « racine artificielle », de façon définitive. « Les rejets représentent environ 5% des cas ». En effet, il peut arriver que la cicatrisation osseuse se fasse mal et que l’implant ne puisse être conservé. Il devient alors mobile et légèrement sensible, à l’image d’une dent naturelle. Il sera alors retiré et une autre pose sera envisagée quelques mois plus tard.
L’intervention. Réalisée après un « check-up » biologique et cardio-vasculaire soigneux pour éliminer toute contre-indication, l’intervention a lieu soit au cabinet, soit en milieu hospitalier. Elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale, en fonction des choix du patient… et du nombre d’implants à poser. « Ce qui rend l’opération indolore » poursuit le Dr Verner.
Le praticien procède à une incision de la gencive. A l’aide d’un foret, il réalise ensuite un pertuis dans l’os de la mâchoire. L’implant est alors mis en place. Entre la pose de ce dernier et celle de la prothèse finale, il peut s’écouler de six semaines à quatre mois. Le but est de permettre à l’implant de s’intégrer intimement à l’os de la mâchoire. Dans les jours suivants, la cicatrisation peut entraîner des douleurs plus ou moins vives.
Les tarifs, « varient selon le praticien » explique Christian Verner. « En général, le prix d’un implant oscille autour de 1 500 euros. ». Notons que l’intervention n’est pas prise en charge par l’Assurance-maladie. En revanche, des assurances complémentaires et des mutuelles de plus en plus nombreuses acceptent de la financer. Parlez-en à votre dentiste et votre assureur.
Avantages et inconvénients.
Nous l’avons vu, le gros avantage du recours à l’implant réside dans le fait qu’il peut ne concerner qu’une seule dent. Cette technique pourtant, à des inconvénients. D’ordre médical, d’abord. « Un terrain immuno-déprimé, une affection systémique, des allergies majeures, un traitement médical à risque (anti coagulant par exemple), certaines maladies cardiaques ou des affections évolutives sont des contre indications absolues » à l’implantologie, explique le site Internet de l’Association dentaire française.
Une mauvaise qualité des gencives, la densité et la structure de l’os peu importantes peuvent aussi empêcher l’implantation. Enfin, l’implant n’est pas naturel. Des visites de contrôle régulières sont donc indispensables. Sans oublier l’attitude du patient, une mauvaise hygiène bucco-dentaire ou le simple fait d’être fumeur sont des facteurs de risque ajoutés. La cigarette en effet, n’altère pas seulement la couleur des dents et l’haleine. Le tabagisme nuit à la cicatrisation des tissus et peut faire échouer le processus d’ostéo-intégration.

Source : Interview du Dr Christian Verner, le 22 mars 2011 ; www.adf.asso.fr, consulté le 31 mars 2011