Diabète et sécurité des traitements : vraies ou fausses questions ?

27 juillet 2007

Une étude publiée dans Diabetes Care – mais déjà mise en ligne par la même publication le 22 mai dernier – et reprenant des informations parues dans le New England Journal of Medicine du 14 juin 2007, met à nouveau en cause la sécurité de deux antidiabétiques oraux.

Avandia et Actos, qui appartiennent à la classe des Glitazones, y sont accusés de doubler certains risques cardiovasculaires. Dans Diabetes Care, Sonal Singh fait état d’un doublement (+110%) du risque d’insuffisance cardiaque pour les malades traités par ces médicaments.

Cosigné avec Curt Furberg qui officie comme lui à la Wake Forest University (Etats-unis) et Yoon Loke de l’Université d’East Anglia à Norwich (Grande-Bretagne), son article paraît reprendre les mêmes éléments de base que la méta-analyse publiée dans le New England Journal of Medicine du 14 juin dernier par Nissen et Wolski… en collaboration avec le même Furberg.

En bonne logique donc, forces et faiblesses de ces études demeurent inchangées. L’une et l’autre fondées sur une démarche de méta-analyse – compilation de plusieurs études aux critères de sélection et d’évaluation souvent différents voire divergents – elles sont entachées d’une certaine « fragilité ». Le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline –numéro 2 mondial derrière l’Américain Pfizer – a beau jeu de souligner dans un communiqué que le travail publié dans Diabetes Care est « une analyse de données déjà publiées en ligne le 29 mai 2007 (et que) les questions qui se posent sur la sécurité de (son produit) trouvent de meilleures réponses dans des études prospectives » que dans des méta-analyses.

Il est également vrai que le risque d’insuffisance cardiaque dont sont affectés les diabétiques de type II n’est pas un phénomène nouveau ! Il est de même avéré que ces malades sont exposés à des complications graves. Elles engagent même souvent le pronostic vital : AVC, cécité, insuffisance rénale, artériopathie des membres inférieurs à l’origine chaque année de dizaines de milliers d’amputations…

Le traitement du diabète est une évidente priorité de santé publique. Et le choix du traitement doit se faire en pesant soigneusement la balance bénéfice-risque des options disponibles. Les nouveaux médicaments du diabète ne sont pas dénués de risques. Des risques cardiaques donc, mais aussi osseux, à telle enseigne que l’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS), a diffusé le 19 avril dernier une lettre d’information aux prescripteurs.

La vraie question est peut-être de savoir pourquoi la même information de base est amenée à paraître 4 fois en quelques mois, sans éléments nouveaux. Nous l’avons posée aux auteurs de cette “seconde vague”. Ces derniers ont souligné que leur travail “concerne l’insuffisance cardiaque, plutôt que les attaques cardiaques dans le premier cas“. Il est vrai aussi qu’elle prend en compte deux glitazones -roziglitazone-Avandia et pioglitazone-Actos – et qu’il ressort du dernier travail que “tous les patients diabétiques sont exposés à ces risques.” Ce qui nous l’avons vu est si peu une nouveauté que les recommandations de bonne pratique en font toujours état.

  • Source : Diabetes Care 27 juillet 2007; NEJM, DOI 10.1056 NEJMoa072761; GSK 27 juillet 2007

Destination Santé
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