N’oubliez pas le diabète de type 1

[22 février 2010 - 11h14] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h37]

Le diabète de type 2 tient tellement le devant de la scène médiatique que l’on pourrait en arriver à oublier qu’il existe aussi un diabète de type 1… Et pourtant, il concerne pas moins de 150 000 patients, rien qu’en France. Or pour des raisons encore mal connues, son incidence ne cesse d’augmenter.

« Il y a encore 30 ans, on distinguait le diabète ‘maigre’ ou ‘juvénile’, du diabète ‘gras’ ou ‘de l’âge mûr’. Aujourd’hui on parle plutôt de diabètes du type 1 et du type 2 » explique le Pr Alain Marre, chef du service de diabétologie à l’hôpital Bichat de Paris. Vice-président de la Société francophone du Diabète (SFD), il nous rappelle également que le terme de diabète non insulino-dépendant est souvent utilisé en référence au diabète de type I, même s’il ne s’agit pas exactement de synonymes.

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui entraîne la destruction des cellules pancréatiques responsables de la production d’insuline, les cellules bêta de Langerhans. Il y a encore une trentaine d’années, la maladie survenait principalement entre 15 et 17 ans, mais de plus en plus de cas se déclarent aujourd’hui bien plus tôt. Et son incidence augmente : elle serait 10 à 20 fois plus élevée qu’il y a un siècle.

Il existe une prédisposition génétique au diabète de type 1, mais les facteurs déclenchants, même s’ils demeurent largement inconnus, paraissent essentiellement environnementaux. Plusieurs hypothèses coexistent :

  • L’hypothèse hygiéniste : les enfants étant moins exposés à des agents pathogènes, ils développeraient plus volontiers une hypersensibilité auto-immune ;
  • Celle de « la faute au lait de vache » : les nourrissons allaités avec des laits artificiels, plutôt qu’au lait maternel, ont un système immunitaire moins efficace ;
  • Les agents polluants : de nouveaux polluants augmenteraient le risque de diabète, qu’il s’agisse du type I ou du type 2 ;
  • La prévalence toujours plus importante du surpoids, en soumettant les cellules béta à un stress important, aurait accéléré la tendance des enfants à développer un diabète de type 1 ;
  • La vitamine D : la réduction de notre exposition au soleil, et par conséquent de la quantité de vitamine D synthétisée par notre organisme, serait aussi en cause. Pour le Pr Marre toutefois, cette hypothèse relèverait d’une forme de « spéculation » scientifique.

Dans tous les cas insiste-t-il, « les premières années d’un diabète de type 1 sont primordiales : la protection passe par un bon contrôle de la glycémie, et celui-ci doit être obtenu le plus tôt possible ».

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