Couv-reinsok« D’autres reins que les miens » est l’occasion de se plonger dans la fabuleuse histoire d’une discipline médicale encore jeune : la néphrologie. Une histoire écrite par des héros en blouse blanche mais aussi par des patients. Certains d’entre eux livrent dans cet ouvrage, leurs combats contre les maladies rénales. L’occasion de mesurer les progrès accomplis, en peu de temps finalement. 

Ce livre a été écrit à quatre main : celles d’une patiente, Yvanie Caillé. Cette ingénieure vit avec une maladie rénale depuis son enfance. Elle est à l’origine de l’association de patients Renaloo. Et celles d’un médecin, le Dr Frank Martinez, néphrologue au sein du service de transplantation rénale de l’hôpital Necker (Paris).

Cet établissement est d’ailleurs le berceau de la néphrologie en France. C’est en effet dans ses murs que tout a commencé dans les années 50, sous l’impulsion du Pr Jean Hamburger. Ce livre retrace ainsi la première transplantation rénale réalisée en France. C’était en 1952, sur un jeune charpentier de 16 ans, Marius Renard. Il mourut 3 semaines après avoir reçu le rein de sa mère.

Les auteurs ont aussi recueilli le témoignage du Pr Gabriel Richet – disparu depuis peu – assistant de Jean Hamburger avant de devenir un grand nom de la médecine française. Au même titre que Claude Jacobs, Paul Jungers, des néphrologues renommés et acteurs de cette histoire aux côtés d’Hamburger. Un homme qui selon Jungers, « était tout-puissant (…) doté d’une intelligence extraordinaire (…). Sa vision de la médecine avait trente ans d’avance ».

La dialyse reste « une prison »…

A côté de ces carabins, des patients racontent aussi leur histoire. A l’image de Gisèle qui a donné un rein à son fils Bruno. Ou Anne qui revient sur ce « jour où mes reins se sont arrêtés »… Et encore Odile. Elle a vu basculer sa vie à 12 ans, après s’être réveillée en réanimation à l’hôpital Bretonneau de Paris…

A l’occasion de la Journée mondiale du Rein, le 26 mars, cet ouvrage marque donc les progrès spectaculaires réalisés jusqu’ici dans la prise en charge des maladies rénales. Mais il est aussi l’occasion d’insister sur le chemin qu’il reste à parcourir. Comme le rappelle en effet dans la préface, le sociologue Christian, Baudelot, – qui a donné l’un de ses reins à son épouse, Olga – « Hier comme aujourd’hui, la dialyse par les astreintes qu’elle impose, reste une prison. Et la chance d’être greffé ne débouche pas toujours sur un long fleuve tranquille ».

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