Don d’organes : le nombre de greffes en hausse mais le taux d’opposition aussi

19 février 2026

Selon l’Agence de la Biomédecine, le nombre de greffes a augmenté en 2025 pour atteindre 6 148. Mais derrière cette augmentation, on trouve une hausse du taux d’opposition au don d’organes et des jeunes générations de moins en moins bien informées.

En 2025, 6 148 greffes ont été réalisées. C’est plus que le record de 2017 et ses 6 120 greffes. Malgré ce bon chiffre, la croissance de l’activité s’est ralentie en 2025 avec une hausse limitée à 1,5 %, dans la fourchette basse de ce que prévoit le Plan ministériel 2022-2026 pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus.

En 2025, sur les 3 188 donneurs potentiels en état de mort encéphalique, 1 590 ont pu faire l’objet d’un prélèvement, permettant ainsi les 6 148 greffes réalisées en 2025 (dont 3 867 greffes rénales, 1431 greffes hépatiques, 421 greffes cardiaques). Cette même année, 966 patients sont décédés alors qu’ils figuraient sur la liste d’attente. Au 1er janvier 2026, 23 294 malades étaient en attente d’une greffe, dont 11 642 en liste active.

Toujours les mêmes idées reçues

Cette progression du nombre de greffes cache aussi une autre hausse, préoccupante, celle-ci. En effet, le taux d’opposition ne cesse de croître, atteignant 37,1 % en 2025 contre 36,4 % en 2024. Les idées reçues persistent et nuisent à une plus large adhésion, souligne l’Agence de la Biomédecine dans un communiqué publié le 19 février. Ainsi, selon le baromètre d’opinion 2026 :

  • 62 % des Français pensent que le prélèvement est automatique en l’absence d’inscription au Registre national des refus, alors que les proches sont toujours consultés ;
  • seuls 58 % des Français ont le sentiment que le don d’organes et de tissus profite de manière équitable à toutes les catégories de la population ;
  • 48 % seulement des Français savent que le don d’organes et de tissus n’est pas incompatible avec les rites funéraires (56 % en 2025) ;
  • 30 % des personnes travaillant à l’hôpital pensent que les personnes ne sont pas décédées au moment du prélèvement d’organes.

Pourtant, 74 % des Français se disent favorables au don de leurs propres organes. Mais si 90 % des Français pensent qu’il est important que leurs proches connaissent leur position, seuls 49 % d’entre eux en ont fait part à leur entourage, un chiffre en baisse, notamment chez les 25-34 ans.

Seuls 35 % des plus jeunes se sentent concernés par le don d’organes

Autre barrière, une information qui n’est pas également partagée avec un écart qui se creuse entre les générations. Ainsi, 42 % des plus de 65 ans se sentent bien informés, contre 24 % des 16-24 ans. Si 59 % des plus de 65 ans se sentent concernés par le don d’organes (49 % en 2025), ils sont seulement 35 % du côté des 16-24 ans (41 % en 2025). En cause, selon l’Agence de la Biomédecine, la désinformation sur les réseaux sociaux, qui a généré des dizaines de milliers d’inscriptions infondées sur le Registre national des refus en 2024 et 2025.

« La lutte contre la désinformation, qui conduit à des inscriptions massives sur le Registre national des refus sur la base de fausses raisons, et contribue plus largement à entretenir un climat de défiance et de suspicion qui nuit au sentiment de solidarité et à la confiance dans le système de santé, se traduit aujourd’hui par une perte de chance pour les patients en attente de greffe. La diffusion d’informations fiables et vérifiées, dans les médias et sur les réseaux sociaux notamment, constitue aujourd’hui un des axes majeurs de la promotion du don d’organes et de tissus et de l’accès à la greffe », souligne Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

À noter : le nombre de greffes avec donneur vivant a progressé, passant le cap de 603 greffes rénales avec donneur vivant. 11 greffes de foie ont également été réalisées en 2025 avec donneur vivant. « Toutefois, la part des greffes rénales avec donneur vivant plafonne à 15,6 % du total des greffes rénales en 2025. Malgré une hausse de 7,7 % en 2 ans, ce chiffre n’approche pas l’objectif du plan prélèvement-greffe qui était d’atteindre les 20 % », regrette l’Agence de la Biomédecine.

  • Source : Agence nationale de Biomédecine

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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