SIDA : peur sur la planète…

01 décembre 2001
Plus de 36 millions de personnes dans le monde vivent aujourd’hui avec le VIH, le virus responsable du SIDA. En 2000, la maladie a tué 8 500 malades par jour ! Le bilan avoisine 22 millions de morts à décembre 2000… l’équivalent de 3 fois la population d’un pays comme la Suisse ! Et la tendance est loin d’être à la baisse. Le SIDA pourrait faire près de 100 millions de victimes d’ici à 2010 ! Plus d’une fois et demie la population de la France, cinq fois celle du Ghana ! D’un problème de santé relevant de politiques nationales, le SIDA est vraiment devenu une menace planétaire. En juin dernier, l’ONU a lancé son « plan de bataille mondial », selon l’expression du Secrétaire général Kofi Annan. Cette exhortation à toutes les volontés politiques du monde devrait enfin être entendue. Cela n’avait pas été vraiment le cas lors du fameux Sommet de Paris en décembre 1994, où 42 pays s’étaient engagés « à dégager des ressources pour mieux lutter contre la pandémie ». Un an plus tard, pas un pays supplémentaire n’avait adhéré à cet engagement. Et certains signataires avaient même réduit les subventions promises ! En octobre 1995, on apprenait même… le désistement pur et simple du gouvernement français qui s’était engagé à verser « une contribution immédiate et exceptionnelle de 100 millions de francs ». Toutefois et comme un échec n’est jamais définitif, c’est aussi de France qu’est venue deux ans plus tard une idée qui, après un accueil mitigé, a quasiment fait le tour du monde. Développée à partir de 1997 sur une proposition de Bernard Kouchner, « l’initiative de solidarité thérapeutique internationale contre le SIDA » est aujourd’hui très active. En étroite collaboration avec ONUSIDA, elle œuvre à améliorer l’accès aux soins dans des pays comme le Maroc, le Sénégal, le Vietnam, Haïti ou encore la République Centrafricaine. Cette année, les Français affecteront un milliard d’euros à la lutte contre le SIDA. Ils seront prélevés sur les 10 milliards que représente l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. Ces initiatives sont pour l’essentiel concentrées sur l’Afrique, continent littéralement dévasté par l’épidémie. On y trouve 70% des adultes et 80% des enfants qui vivent avec le VIH. Et les trois quarts des 22 millions de morts du SIDA, depuis le début de l’épidémie, étaient des Africains… Aujourd’hui, 12 millions d’enfants sont orphelins du SIDA. Et plus d’un million de moins de 15 ans, actuellement séropositifs, ont été contaminés par leur propre mère. Notamment par le biais de l’allaitement. Dans certains pays, plus de 60% des mères continuent pourtant d’allaiter alors même qu’elles se savent infectées par le virus ! C’est le cas en Ouganda où les obstacles sont liés au manque d’accès populaire à l’éducation ou encore à des problèmes culturels. Sans compter que le recours à un allaitement de substitution se heurte à de nombreuses contraintes matérielles. Comme le simple fait de disposer d’une eau de qualité… Malgré tout, l’Ouganda reste le seul pays d’Afrique où la prévalence du VIH diminue. De 14% chez l’adulte au début des années 90, elle est passée à 8% en 2000 ! Soit une baisse supérieure à 42%. La preuve s’il en était besoin, que la prévention peut être efficace. 25 ans d’espérance de vie en moins… ! Aujourd’hui cependant, une majorité de pays connaissent une prévalence à deux chiffres… Dans plusieurs états d’Afrique australe, au moins un adulte sur quatre est séropositif. C’est le cas en Namibie et en Zambie, au Lesotho, au Swaziland ou encore Zimbabwe. La situation est particulièrement catastrophique au Bostwana. La population y est infectée à 36% et l’espérance de vie à la naissance estimée à 44 ans. Sans le SIDA, elle aurait atteint… 69 ans ! En Afrique du Sud, le SIDA est aujourd’hui la première cause de mortalité ! Il est même à l’origine de 40% des décès dans la tranche d’âge de 25 à 49 ans. Aujourd’hui, il fait partie des préoccupations du Conseil de Sécurité des Nations-unies. Car l’épidémie est non seulement une menace pour la sécurité des pays mais aussi pour leur équilibre démographique. Donc leur économie et leur développement... Plus de 60% des victimes de l’infection appartiennent à la tranche d’âge la plus active et la plus productive de la population. Dans les pays où la prévalence excède 20% la croissance du Produit intérieur brut - le PIB - est diminuée de 2 points chaque année ! Le SIDA réduit donc aussi à néant les efforts de lutte contre la pauvreté… En Asie, une action préventive précoce a permis de maintenir une faible prévalence. Mais les experts soulignent que le VIH pourrait s’étendre largement si une action n’est pas mise en œuvre rapidement. Principale concernée la Chine, qui serait à la veille d’une épidémie de grande ampleur. Une situation rendue d’autant plus préoccupante que, de sources officielles, un Chinois sur cinq n’a jamais entendu parler du SIDA ! Cela fait tout de même 240 millions de personnes qui ignorent tout de la maladie, de ses ravages et… des moyens de s’en prémunir. Pour un nombre de plus en plus important de pays, l’accès aux traitements relève de la simple survie. Les antirétroviraux à haute efficacité, et notamment les antiprotéases utilisées dans le cadre des trithérapies, permettent de retarder l’apparition de la maladie et de prolonger la vie de centaines de milliers de séropositifs. Ces nouveaux médicaments diminuent parfois de moitié le taux de transmission de la mère à l’enfant… Pourtant du fait de leur prix, ils sont longtemps restés inaccessibles aux populations des pays en développement. Mais en 2001, à la suite notamment du procès de Pretoria, des progrès substantiels ont pu être observés. Les progrès de la recherche emplissent également le cœur des malades. D’après Margaret Johnston, Directrice adjointe du programme « vaccins » aux Instituts nationaux américains de la Santé (NIH), un vaccin contre le SIDA pourrait être disponible d’ici 10 ans ! Mais cette promesse d’un vaccin sous 10 ans, on nous la faisait déjà… il y 10 ans ! Et tous les progrès ont malheureusement tendance à nous faire oublier que le SIDA, et bien, on en meurt encore ! C’est le cas sur le continent américain, mais aussi en Europe. Des signes inquiétants… Si le nombre de malades au stade clinique diminue, ce n’est pas en raison d’une diminution du nombre des personnes infectées. Mais parce que les médicaments permettent de retarder voire d’arrêter l’infection. En France, la mortalité s’est littéralement effondrée. En 1996, année qui a suivi l’introduction des antiprotéases, elle a diminué de 9%. Puis de 34% en 1997 et encore de 33% en 1998. Ainsi le nombre annuel de décès est-il passé de 17 355 en 1996 à seulement 2 000 en 1999. Puis encore un peu moins en 2000. D’après l’Institut de Veille sanitaire, le nombre total de personnes en vie après avoir développé un SIDA poursuit sa progression au rythme d’environ 5% par an. Mais à l’évidence, les contaminations se poursuivent ! Il serait donc coupable de relâcher nos efforts. C’est malheureusement ce qui se produit dans certains groupes de population. Parmi les homosexuels masculins et les utilisateurs de drogues injectables en particulier. De la même manière, le taux d’infection augmente à nouveau dans certaines villes américaines et aux Pays-Bas. En France, une étude réalisé par SIDA Info Service fait froid dans le dos. Un jeune de 15 à 25 ans sur quatre y reconnaît prendre des risques et ne pas utiliser de préservatif. Un argument supplémentaire pour bien prendre conscience que la bataille est très loin d’être gagnée…
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